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	<title>Psychanalyste-Paris.com</title>
	<link>https://psychanalyste-paris.com/</link>
	<description>Psychanalyste-paris.com propose des articles et &#233;ditoriaux sur la psychanalyse et les formations de l'inconscient freudien : histoire de la naissance de la psychanalyse, d&#233;finitions de la psychanalyse freudienne et lacanienne, psychanalyse des contes de f&#233;es, consultations et formations du psychanalyste. La psychanalyse est une m&#233;thode d'investigation de l'inconscient et de ses formations : par l'analyse des r&#234;ves, des lapsus et des actes manqu&#233;s, par la rem&#233;moration et l'analyse des souvenirs infantiles, la m&#233;thode psychanalytique de la libre association et de la cure par la parole d&#233;noue progressivement les inhibitions, les sympt&#244;mes et les angoisses et nous lib&#232;re d&#233;finitivement de toutes nos souffrances psychiques.
Christophe Bormans, Psychanalyste
&#8211; 8, rue de Florence - 75008 Paris
&#8211; Secteur Nord-Ouest : 2e, 8e, 9e, 17e et 18e arrondissements de Paris
&#8211; T&#233;l. : 01 40 41 07 27
&#8211; M&#176; : Place Clichy, Europe, Rome ou Li&#232;ge
&#8211; RER ou SNCF : Gare Haussmann / Saint-Lazare</description>
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		<title>Psychanalyste-Paris.com</title>
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		<title>Salp&#234;tre hier ; &#171; Aujourd'hui Madame &#187;</title>
		<link>https://www.psychanalyste-paris.com/Salpetre-hier-Aujourd-hui-Madame.html</link>
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		<dc:date>2006-07-28T07:41:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Sigmund Freud</dc:subject>
		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Interpr&#233;tation des r&#234;ves</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Qu'est-ce que le Salp&#234;tre ? Un vieux mot, qui provient du latin m&#233;di&#233;val &lt;i&gt;Salpetr&#230;&lt;/i&gt;, qui veut dire - nous dit le &lt;i&gt;Petit Robert&lt;/i&gt; : &#8220;Sel de pierre&#8221;. Nullement &#233;tonnant que Freud, pour en sortir, s'engouffre dans Notre Dame aux abords de laquelle les gargouilles b&#233;antes - sel du saint-esprit, ou phallus-presqu'ail&#233;s -, semblent vouloir venir se poser, comme le vautour de L&#233;onard, non pas entre ses l&#232;vres, mais entre cette trompe qu'est l'oreille de Freud-Sainte Vierge &#224; l'occasion. &#8220;Saperlipopette !&#8221; s'&#233;tonnait Tryphon Tournesol, cet astronome singulier, botaniste &#224; ses heures tout comme Freud, et passionn&#233; d'occultisme et de parapsychologie. Sourd comme un pot ! il tend, lui, son cornet acoustique entre le tout et le rien, c'est-&#224;-dire entre le capitaine &lt;i&gt;ad hoc&lt;/i&gt; (&#8220;&#224; cet effet&#8221;) et &lt;i&gt;Tintin&lt;/i&gt; (&#8220;rien du tout !&#8221;) ; il nous criait-l&#224; un euph&#233;misme de &#8220;Sapristi&#8221; - dont les oiseaux de Schreber raffolaient -, c'est-&#224;-dire un euph&#233;misme de sacr&#233; ! &#8220;Nom de nom&#8221; pr&#233;f&#233;rait Lacan !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On sait que, juste avant de venir &#224; Paris, Freud a rat&#233; de peu l'invention de la coca&#239;ne ; mais en a-t-il pour autant rat&#233; l'invention de la poudre ? Poudre de perlimpinpin pour ce beau livre blanc et bariol&#233; tout de m&#234;me baptis&#233; de &#8220;noir&#8221;. Preuve s'il &#233;tait besoin d'en apporter, que le signifiant lacanien est en pleine effervescence chez ses auteurs : eux sont bien arriv&#233;s &#224; &#8220;Hommes&#8221;, et ils ne comptent pas en repartir de si t&#244;t ! &#187; (Christophe Bormans, &lt;i&gt;&#201;ditorial&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/-Billets-d-humeur-.html" rel="directory"&gt;&#201;ditos et billets d'humeur&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/+-Sigmund-Freud-+.html" rel="tag"&gt;Sigmund Freud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/+-Interpretation-des-reves-+.html" rel="tag"&gt;Interpr&#233;tation des r&#234;ves&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton69-d028f.gif?1757670364' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Texte publi&#233; &#224; l'occasion du cent-cinquanti&#232;me anniversaire de Sigmund Freud (6 mai 2006).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Freud serait pass&#233; par-l&#224; ; par la Salp&#234;tri&#232;re. Nous avons tendance &#224; ne retenir de ce voyage et du retour &#224; Vienne-Itaque qui s'en suivit, qu'un brin d'imaginaire aux abords du symbolique. Quelque chose qui, finalement, sur un n&#339;ud borrom&#233;en, participerait d'un bord hyst&#233;rique s'ouvrant sur l'&lt;i&gt;Unbewusste&lt;/i&gt;. Du sens, encore ! Mais qu'en est-il du r&#233;el dont Freud se fait en quelque sorte le &#171; porteur-saint &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Oui, je viens dans son Temple...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On ne voudrait rien savoir de ce qui s'invente &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Titre du second num&#233;ro &#171; Du Coq &#224; l'&#194;ne ! &#187;, Revue de l'&#201;cole (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et ce &lt;i&gt;on&lt;/i&gt; s'applique d'abord &#224; &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt;, &#224; nous-m&#234;mes - &#224; moi le premier. C'est l&#224;, pourtant, l'une des premi&#232;res exp&#233;riences de notre propre cure analytique : que le re-foulement re-gagne sans cesse du terrain, que la mer re-vient sans cesse sur l'a-s&#232;chement du Zuyderzee, en conteste sans cesse ce que l'on pensait pouvoir prendre pour une victoire. &#171; Je recommence, puisque j'avais cru pouvoir finir &#187; (Lacan, 13 novembre 1973).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Salp&#234;tri&#232;re de Charcot, v&#233;ritable Temple de l'hyst&#233;rie, &#171; la Mecque des neurologues &#187;, selon l'expression de Jones&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Jones, La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 231.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; la crois&#233;e de l'imaginaire et du symbolique. On sait quel bain de sang inaugure la tirade d'Abner en son acte premier. Et Freud en raterait le r&#233;el encore une fois ! Oui, mais nous - &#212; &#171; miracle du hurlement &#187; ! -, nous n'en ratons pas moins par cette orientation historique, ce signifiant qui fini par venir se balader de quelques tours dans notre r&#233;el : &lt;i&gt;Salp&#234;tri&#232;re&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Sel de pierre&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, c'est certes un h&#244;pital, mais hier c'&#233;tait encore une fabrique de Salp&#234;tre. Qu'est-ce que le Salp&#234;tre ? Un vieux mot, qui provient du latin m&#233;di&#233;val &lt;i&gt;Salpetr&#230;&lt;/i&gt;, qui veut dire - nous dit le &lt;i&gt;Petit Robert&lt;/i&gt; : &#171; Sel de pierre &#187;. Nullement &#233;tonnant que Freud, pour en sortir, s'engouffre dans Notre Dame aux abords de laquelle les gargouilles b&#233;antes - sel du saint-esprit, ou phallus-presqu'ail&#233;s -, semblent vouloir venir se poser, comme le vautour de L&#233;onard, non pas entre ses l&#232;vres, mais entre cette trompe qu'est l'oreille de Freud-Sainte Vierge &#224; l'occasion. &#171; Saperlipopette ! &#187; s'&#233;tonnait Tryphon Tournesol, cet astronome singulier, botaniste &#224; ses heures tout comme Freud, et passionn&#233; d'occultisme et de parapsychologie. Sourd comme un pot ! il tend, lui, son cornet acoustique entre le tout et le rien, c'est-&#224;-dire entre le capitaine &lt;i&gt;ad hoc&lt;/i&gt; (&#171; &#224; cet effet &#187;) et &lt;i&gt;Tintin&lt;/i&gt; (&#171; rien du tout ! &#187;) ; il nous criait-l&#224; un euph&#233;misme de &#171; Sapristi &#187; - dont les oiseaux de Schreber raffolaient -, c'est-&#224;-dire un euph&#233;misme de sacr&#233; ! &#171; Nom de nom &#187; pr&#233;f&#233;rait Lacan !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que, juste avant de venir &#224; Paris, Freud a rat&#233; de peu l'invention de la coca&#239;ne ; mais en a-t-il pour autant rat&#233; l'invention de la poudre ? Poudre de perlimpinpin pour ce beau livre blanc et bariol&#233; tout de m&#234;me baptis&#233; de &#171; noir &#187;. Preuve s'il &#233;tait besoin d'en apporter, que le signifiant lacanien est en pleine effervescence chez ses auteurs : eux sont bien arriv&#233;s &#224; &#171; Hommes &#187;, et ils ne comptent pas en repartir de si t&#244;t !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Poussi&#232;re d'&#233;toile&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je re&#231;ois un patient, qui depuis peu s'est lanc&#233; dans la photographie. Revenant d'un rendez-vous o&#249; il a pr&#233;sent&#233; son travail, il semble souhaiter m'expliquer qu'il en a marre qu'on le compare au c&#233;l&#232;bre photographe des ann&#233;es 80, Helmut Newton ! Il s'adresse &#224; moi : &#171; Je ne sais pas si vous le connaissez ? &#187; Je lui r&#233;pond : &#171; Celui qui a invent&#233; la gravit&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ayant pass&#233; le plus clair de son temps &#224; faire l'&#233;cole buissonni&#232;re, &#224; dormir au fond de la classe et ne comprenant pas un tra&#238;tre mot de ce qu'ont jamais racont&#233; ses professeurs - ni, d'ailleurs, &#224; ce qu'on attendait de lui -, je me demande tout de m&#234;me si le &lt;i&gt;lion&lt;/i&gt; n'avait pas bondit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Une fausse man&#339;uvre est irr&#233;parable. Le proverbe, le lion ne bondit qu'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ici un peu trop vite... &lt;i&gt;Silence&lt;/i&gt;. L'inconscient, surmontant ses r&#233;sistances et ses &lt;i&gt;pesanteurs&lt;/i&gt;, allait-il trouver le chemin de sa propre &#171; loi de &lt;i&gt;gravit&#233;&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'a pas... invent&#233; la gravit&#233;... Elle existait d&#233;j&#224;, mais... il l'a trouv&#233;... &#187; Le ton &#233;tait plut&#244;t interrogatif (transf&#233;rentiel) et j'en profite alors pour enfoncer le clou : &#171; S'il l'a trouv&#233;, c'est qu'il l'a invent&#233;... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois d'ici le tableau d'un de ces professeurs exasp&#233;r&#233;s, l&#226;chant &#224; propos de cet enfant - pas tr&#232;s turbulent pourtant : &#171; Celui-l&#224;, on peut dire qu'il n'a pas invent&#233; la poudre ! &#187; Oui - &lt;i&gt;sauf que&lt;/i&gt; : sc&#232;ne caract&#233;ristique des films muets des ann&#233;es 20, la sortie du petit oiseau va de pair avec l'explosion ! Coup de pied aux fesses du photographe en prime, puisqu'il a lui-m&#234;me confondu - apr&#232;s s'&#234;tre avanc&#233; plusieurs fois pour engueuler le rang d'oignon qui s'impatientait -, l'isoloir de son appareil avec les jupes d'une femme qui entre-temps s'&#233;tait elle-m&#234;me gliss&#233;e l&#224;-dessous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Shadows and dust&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore plus concr&#232;tement - puisqu'on est dans la chimie -, le salp&#234;tre est un m&#233;lange naturel de nitrates (calcium, potassium, ammonium), qui se forme sur les vieux murs et les parois des &#233;tables, et &#224; partir duquel on fabriquait autrefois de la poudre de guerre, de la poudre &#224; canon. Freud avait semble-t-il lui-m&#234;me ses raisons d'interroger Einstein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la Salp&#234;tri&#232;re, avant de devenir le temple de l'art m&#233;dical, est d'abord un arsenal : elle traite d'abord la mort avant d'en traiter les victimes, les n&#233;vroses de guerre s'entend : message invers&#233;, corps morcel&#233;, ou juste retour &#224; l'envoyeur ? Le mot &#171; poudre &#187; provient tout simplement du latin &lt;i&gt;pulvis&lt;/i&gt;, ou &lt;i&gt;pulveris&lt;/i&gt;, ce qui veut tout simplement dire poussi&#232;re : &#171; Poussi&#232;re, tu redeviendras poussi&#232;re ! &#187; (Gen&#232;se 3,19).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souvient du r&#234;ve dit des &lt;i&gt;Kn&#246;del&lt;/i&gt;, ou r&#234;ve des trois P&#226;rques (Freud, &lt;i&gt;L'interpr&#233;tation des r&#234;ves&lt;/i&gt;, PUF, Paris, 1993, p. 181 et suiv.) et de la mani&#232;re dont Freud se pr&#233;cipite pour l'interpr&#233;ter :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand j'avais six ans et que ma m&#232;re me donnait mes premi&#232;res le&#231;ons, elle m'enseignait que nous avions &#233;t&#233; faits de terre et que nous devions revenir &#224; la terre. Cela ne me convenait pas, j'en doutai. Ma m&#232;re frotta alors les paumes de ses mains (tout &#224; fait comme pour faire des &lt;i&gt;Kn&#246;del&lt;/i&gt;, mais elle n'avait pas pris de p&#226;te), et elle me montra les petits fragments d'&lt;i&gt;&#233;piderme&lt;/i&gt; noir&#226;tres qui s'en &#233;taient d&#233;tach&#233;s comme une preuve que nous &#233;tions faits de terre. Je fus stup&#233;fait par cette d&#233;monstration &lt;i&gt;ad oculos&lt;/i&gt; et je me r&#233;signai &#224; ce que plus tard j'appris &#224; formuler : &#8220;tu dois rendre ta vie &#224; la nature&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Saint qui aime / Saint phonie&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que la cha&#238;ne d'association conduit tr&#232;s vite Freud &#224; la coca&#239;ne, de sorte que l'on ne doit pas manquer de s'interroger ici :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;monstration &lt;i&gt;ad oculos&lt;/i&gt; ou poudre aux yeux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t la blague roumaine que Paul aime &#224; raconter : &#171; Quelle a &#233;t&#233; la r&#233;action de Beethoven lorsqu'il a apprit qu'on allait construire un bordel juste &#224; cot&#233; de chez lui ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pom ! Pom ! Pom ! Poooooooom ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme dans la d&#233;monstration d'Amalia, la blague est tout &#224; fait gestuelle, car pour un bon effet comique, le narrateur s'en frotte autant de fois les mains, suivant ainsi les quatre notes d'introduction de la &lt;i&gt;Cinqui&#232;me symphonie&lt;/i&gt;, comme un destin qui frappe &#224; la porte au moment m&#234;me o&#249; le compositeur, semblable au Tournesol d'Herg&#233;, semble y devenir de plus en plus sourd !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le Colonel Chabert&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce &lt;i&gt;pulvis&lt;/i&gt; - ce &#171; sel de pierre &#187; de la Salp&#234;tri&#232;re -, Freud n'est-t-il pas l&#224;, d&#233;j&#224;, confront&#233; &#224; la &#171; pulsion &#187; dans un &#171; au-del&#224; &#187; du principe de plaisir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verbe &#171; salp&#234;trer &#187; s'&#233;crit pourtant - et peu avant que Freud vienne &#224; Paris. Sous la plume de Balzac, notamment, qui d&#233;peint ainsi les murs de la chambre humide du Colonel Chabert - bien rang&#233; des canons, lui -, lorsqu'il y re&#231;oit, penaud, le fameux Derville :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le lit du colonel consistait en quelques bottes de paille sur lesquelles son h&#244;tesse avait &#233;tendu deux ou trois lambeaux de ces vieilles tapisseries, ramass&#233;es je ne sais o&#249;, qui servent aux laiti&#232;res &#224; garnir les bancs de leurs charrettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plancher &#233;tait tout simplement en terre battue. Les murs salp&#234;tr&#233;s, verd&#226;tres et fendus r&#233;pandaient une si forte humidit&#233;, que le mur contre lequel couchait le colonel &#233;tait tapiss&#233; d'une natte en jonc &#187; (Balzac, &lt;i&gt;Le Colonel Chabert&lt;/i&gt;, Chapitre III).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;R&#233;el, b&#233;ance des murs qui n'est pas sans nous rappeler le film &#171; R&#233;pulsion &#187; de Roman Polanski.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Cure-dent&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous discutions l'autre soir avec Paul Papahagi et Agn&#232;s Sofyiana - recevant notre ami et psychanalyste br&#233;silien, Cyro Marcos da Sylva : &#171; Pourquoi cela sent-il si vite la poudre dans les institutions analytiques ? &#187; Rien d'&#233;tonnant si nous admettons que nous venons l&#224;, chacun avec notre &#171; trognon &#187; comme dit Lacan, c'est-&#224;-dire avec ce bout de r&#233;el encore empreint des &lt;i&gt;dents de lion&lt;/i&gt; de notre propre cure analytique. Mais l'institution n'est pas un cure-dent ! Elle est explosive, peut-&#234;tre par n&#233;-cecit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salp&#234;tre hier, et aujourd'hui Madame, puisque la question du f&#233;minin et de sa jouissance traverse aujourd'hui l'&#201;cole psychanalytique de la Salp&#234;tri&#232;re ; peut-&#234;tre, d'ailleurs, &#224; la mani&#232;re de cette fl&#232;che que l'ange en &lt;i&gt;extension&lt;/i&gt; du Bernini entend faire traverser &#224; la mystique Sainte-Th&#233;r&#232;se en sa pleine extase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;S(&lt;s&gt;A&lt;/s&gt;)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Aujourd'hui Madame&lt;/i&gt;, car je me souviens des apr&#232;s-midis o&#249; n'allant justement pas &#224; l'&#233;cole, je restais &#224; &lt;i&gt;couver&lt;/i&gt; ma petite &#171; grippe &#187; de &lt;i&gt;mal fichu&lt;/i&gt; en regardant cette &#233;mission &#171; propos&#233;e &#187; - selon la formule de l'&#233;poque -, par Armand Jammot. Quel &#233;trange nom : JAM-maux ? JA-Mot ? Quelque mot se barrant de Jouissance Autre ; et me rappelle qu'&#224; l'&#233;poque, cela sentait bien cet &lt;i&gt;Unheimlich&lt;/i&gt; freudien, d'&#234;tre-l&#224; - petit gar&#231;on -, et de se retrouver &#224; prendre quelque plaisirs &#224; regarder cette &#233;mission intitul&#233;e : &lt;i&gt;Aujourd'hui Madame&lt;/i&gt;. C'est pourquoi je relis avec un plaisir non moins renouvel&#233; cette &#171; Instance de la lettre dans l'inconscient &#187;, puisque c'est d'un support visuel, l&#224;-encore, que se pose la question de la place du signifiant dans ce que Lacan appelle la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &lt;i&gt;Salp&#234;tre&lt;/i&gt; est-il encore dans le r&#233;el ? si partis de lui, nous sommes arriv&#233;s &#224; &#171; Dames ! &#187; (Jacques Lacan, &lt;i&gt;&#201;crits&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 1966, p. 500).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mordicus&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ne savent pas que nous leur apportons la peste ! &#187; aurait dit Freud &#224; Jung aux abords des c&#244;tes am&#233;ricaines, apercevant peut-&#234;tre au loin New York et sa &#171; c&#233;l&#232;bre statue &#233;clairant l'univers &#187; (Lacan, &#171; La chose freudienne &#187;, &lt;i&gt;&#201;crits&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 1966, p. 403). Je n'en d&#233;mordrais pas que ce mot a simplement &#233;t&#233; invent&#233; de toute pi&#232;ce par Lacan - soutenant pourtant &#171; &lt;i&gt;mordicus&lt;/i&gt; &#187; le tenir de la bouche m&#234;me de Jung.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s &#234;tre pass&#233; par la Salp&#234;tri&#232;re pour revenir &#224; Vienne-Itaque afin de tenter d'embarquer (d'a-bord) Breuer dans cette travers&#233;e orageuse de l'hyst&#233;rie, je me plais &#224; croire, pour ma part, que Freud lui aurait, un soir, susurr&#233; &#224; l'oreille, alors qu'ils se trouvaient tous les deux au chevet d'Anna O.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une Anna O. mythique - bien s&#251;r - &#224; la mani&#232;re de la mise en sc&#232;ne par un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Ils ne savent pas que nous inventons la poudre ! &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Titre du second num&#233;ro &#171; Du Coq &#224; l'&#194;ne ! &#187;, &lt;i&gt;Revue de l'&#201;cole Psychanalytique de la Salp&#234;tri&#232;re&lt;/i&gt;, pour lequel ce texte &#233;tait pr&#233;vu, mais qui n'y a jamais vu le jour.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Jones, &lt;i&gt;La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud&lt;/i&gt;, [1953], PUF, Paris, 1958, p. 231.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Une fausse man&#339;uvre est irr&#233;parable. Le proverbe, le lion ne bondit qu'une fois, a n&#233;cessairement raison &#187; (S. Freud, &#171; L'analyse avec fin et l'analyse sans fin &#187; [1937], &lt;i&gt;R&#233;sultats, id&#233;es, probl&#232;mes&lt;/i&gt;, tome II, trad. fr., Paris, PUF, 1985, p. 234.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une Anna O. mythique - bien s&#251;r - &#224; la mani&#232;re de la mise en sc&#232;ne par un John Huston des &lt;i&gt;passions secr&#232;tes&lt;/i&gt; de Freud-Montgomery-Clift.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#338;dipe petit n&#232;gre</title>
		<link>https://www.psychanalyste-paris.com/L-OEdipe-petit-negre.html</link>
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		<dc:date>2005-11-28T08:16:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Sigmund Freud</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Lacan</dc:subject>
		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; On veut tuer Freud mais il est d&#233;j&#224; mort ; alors &#8220;On&#8221; tourne en rond. Pourquoi ? Parce que maintenant qu'il est mort - et que l'on croit que &#8220;On&#8221; l'a tu&#233; - il s'agirait justement de le bouffer : c'est &#231;a, la th&#233;orie de Freud sur le meurtre du p&#232;re !&lt;br /&gt;
Mais l&#224;, il ne semble plus y avoir grand monde. On a peur de le bouffer tout cru, justement, ce cadavre du bon vieux docteur. Alors on le regarde, ce cadavre, l&#224;, juste sous nos yeux, et on dit : &#231;a sent pas bon... J'en veux pas... J'ai pas faim... Comme quand on a cinq ans devant le plat de rognons qui nous r&#233;pugne, &#8220;On&#8221; ne sait pas pourquoi... Eh bien &#8220;On&#8221; ira chez le psychanalyste pour le savoir, et il s'agira de demander la permission de se lever du divan avant d'avoir tout fini : &#8220;mange ton dasein&#8221; ! Et la fin de l'analyse, pr&#233;cis&#233;ment, c'est l&#224; o&#249; il faut mettre les bouch&#233;es doubles...&lt;br /&gt;
&#8220;On&#8221; conna&#238;t l'histoire que raconte personne dans le film du m&#234;me nom : la morale y &#233;tait que parfois, il vaut mieux &#234;tre bien au chaud dans la merde, plut&#244;t que de se faire bouffer tout cru. Dans l'inconscient, c'est l'inverse.&lt;br /&gt;
Ulysse s'y &#233;tait essay&#233; avec le Cyclope, pour ma part, si la psychanalyse avait besoin d'un slogan publicitaire, je proposerai celui-ci :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous en avez marre d'&#234;tre comme tout le monde ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous voulez enfin &#234;tre quelqu'un ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Faites une analyse...&lt;br /&gt;
... Ne soyez plus personne ! &#187; (C. Bormans, 19 novembre 2005).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/-Billets-d-humeur-.html" rel="directory"&gt;&#201;ditos et billets d'humeur&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/+-Jacques-Lacan-+.html" rel="tag"&gt;Jacques Lacan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton63-36461.jpg?1757670364' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; L'&#338;dipe petit n&#232;gre &#187; parce qu'on ne veut rien en savoir de cet &#338;dipe. Juste ce qu'il y a d'imprim&#233; de mani&#232;re quasi-ind&#233;(l&#233;)bile sur le papier glac&#233; de nos manuels de psychologie... ou dans les journaux ou magazines du m&#234;me nom ; bref, du &#171; petit n&#232;gre &#187;. Un con-pillage de journaliste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chaque psychanalyste, - pour peu qu'il ait un site internet -, est sans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou de soi-disant &#171; professionnel &#187; ne souhaitant qu'une seule chose : ne pas y toucher, le refouler du mieux qu'il peut jusqu'aux plus lointains tr&#233;fonds de l'inconscient, cet &#338;dipe ; mais le &lt;i&gt;&#199;a&lt;/i&gt; n'est pas un &lt;i&gt;&#199;ac&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je dis &#171; On &#187; - &#171; On &#187; ne veut rien en savoir de cet &#338;dipe -, celui qui s'est quelque peu frott&#233; au r&#233;el aura compris qu'il s'agit-l&#224;, bien sur, d'un fantasme - dont je ne suis pas exempt d'ailleurs - et qu'il s'agit, justement, d'en sortir de ce fantasme - de ce &#171; On &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des enfants battent le &#171; On &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On &#187; : comme dans le fameux &#171; On bat un enfant &#187;. Or aujourd'hui, c'est l'inverse. Ce sont des enfants qui battent... Et il semble-l&#224; qu'il n'y ait plus grand monde pour savoir y faire avec Freud. Parce qu'une fois qu'on a bien r&#233;cit&#233; sa le&#231;on de &#171; psy &#187; apprise par c&#339;ur dans les manuels, on ne sait plus vraiment quoi en faire du bon vieux docteur : il ne nous nourrit plus ; il ne nous soigne plus ; bref, &#171; On a aval&#233; la ba-balle ! &#187;, selon la tirade du Dr V&#233;t&#233;rinaire Jean Carmet, dans le film de Francis Weber : &#171; Les fugitifs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors &#233;ventuellement, &#171; On &#187; se retourne du cot&#233; du &#171; Livre noir &#187; ; du cot&#233; aussi b&#234;te qu'obscur, non pas de la force que du for&#231;age. Et on n'y voit comme dans le cul d'un n&#232;gre l&#224;-dedans, c'est le cas de le dire ! Ou alors, &#171; On &#187; en revient &#224; ce qu'on a appris en cours, &#224; l'Universit&#233; : et l&#224;, les fameuses &#171; Banlieues &#187; redeviennent rapidement ce qu'elles n'auraient jamais du cess&#233; d'&#234;tre : de la sociologie, de l'&#233;conomie, de la &#171; nouvelle &#233;conomie psychique &#187; m&#234;me, enfin tout ce qu'on veut, mais surtout plus d'&#338;dipe, encore moins d'inconscient. &#199;a doit &#234;tre du symbolique non trou&#233; qu'on doit bien avoir rang&#233;-l&#224; quelque part, on ne sait plus o&#249;, mais &#171; On &#187; va retrouver...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'est-ce qu'ils battent ces enfants ? Parce &lt;i&gt;con&lt;/i&gt; a mal appris sa le&#231;on - &#171; Ein kind wird geschlagen &#187; - ; parce que Freud l'a &#233;crit tr&#232;s clairement : le propre du fantasme est d'&#234;tre r&#233;versible, interchangeable, c'est-&#224;-dire de passer du dessus au dessous ni vu ni connu - comme la barbe du capitaine &#171; ad hoc &#187;. Mais &#231;a, c'est vrai que c'est plus difficile, parce qu'il faut l'avoir tout de m&#234;me &#233;prouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, ces enfants, ils sont comme vous et moi, ils essayent de sortir du fantasme, mais ils ont toutes les peines du monde pour y arriver. Alors ils battent justement ce &#171; On &#187; ; c'est-&#224;-dire qu'ils tapent, frappent : &#224; proprement parler, &lt;i&gt;geschlagen&lt;/i&gt;, c'est frapper... Mais sur quoi frappent-ils ? &#192; l'acm&#233; du fantasme, l'enfant est frapp&#233; &#171; &#224; l'&#233;cole &#187;, &#171; sur le popo tout nu &#187;, nous dit Freud, voir sur son &#171; wiwimacher &#187;, comme disait le petit Hans. C'est donc en toute logique - inconsciente - que ces enfants vont frapper ces objets : voitures, &#233;coles, monuments ou b&#226;timents publics - objets corporels, car objets du &#171; corps social &#187; comme on dit, objets corporels du &#171; On &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'inconscient est ce chapitre de mon histoire qui est marqu&#233; par un blanc ou occup&#233; par un mensonge : c'est le chapitre censur&#233;. Mais la v&#233;rit&#233; peut &#234;tre retrouv&#233;e ; le plus souvent d&#233;j&#224; elle est &#233;crite ailleurs. &#192; savoir :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; dans les monuments : et ceci est mon corps, c'est-&#224;-dire le noyau hyst&#233;rique de la n&#233;vrose o&#249; le sympt&#244;me hyst&#233;rique montre la structure d'un langage et se d&#233;chiffre comme une inscription qui, une fois recueillie, peut sans perte grave &#234;tre d&#233;truite&lt;/i&gt; &#187; (Jacques Lacan, &#171; Fonction et champ du langage et de la parole en psychanalyse &#187;, &lt;i&gt;&#201;crits&lt;/i&gt;, Seuil, p.. 259).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans ce d&#233;cha&#238;nement sadique sur les objets corporels du &#171; On &#187; se donne &#224; entendre toute la violence masochiste du fantasme sexuel inconscient. Comme l'&#233;crit Frans Tassigny, &#171; &#224; chaque voiture incendi&#233;e dans Paris, c'est &#8220;le petit a&#8221; &#187; qui sexe-prime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour faire court, &#171; On &#187; peut dire que ces enfants frappent sur ceux qui colportent ce &#171; On &#187;, qui prennent la parole sans dire &#171; Je &#187;. Et dieu sait qu'il y en a toute une tripot&#233;, que la liste est longue. Cantonnons-nous au &#171; On &#187; qui colporte &#171; La &#187; psychanalyse sans jamais avoir os&#233; demander quelque chose au r&#233;el de l'inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Psy-Pride&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en a eu un exemple avec BHL lors de la grande parade - la &lt;i&gt;Psy-pride&lt;/i&gt;, pourrait-on dire - organis&#233;e par JAM : &#171; Avec Freud et Lacan, pour les Lumi&#232;res &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard-Henri L&#233;vy, &#171; Avec Freud et Lacan, pour les Lumi&#232;res &#187;, LePoint.fr ().&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais BHL ne va pas nous dire qu'il ne sait pas que, ce qu'il appelle les &#171; Lumi&#232;res &#187;, ne sont que des vessies ? Que c'&#233;tait juste une bande de parano&#239;aques &#171; mytheux &#187; qui voulait juste se refaire le monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. sur ce point notre article dans le dernier num&#233;ro de la revue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; - comme tout le monde ! -, alors que dans le m&#234;me temps, Ji-Ji Rousseau pleurait encore sa m&#232;re ou Mlle Lambercier ou je ne sais qui ! Mais non, il recommence la semaine derni&#232;re &#224; nous faire croire quelque chose... Quoi ? Je ne sais pas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce vers de Virgile que Freud place en exergue de &#8220;&lt;i&gt;La science des r&#234;ves&lt;/i&gt;&#8221; : &#8220;&lt;i&gt;Flectere si nequeo Superos, Acheronta movebo&lt;/i&gt;&#8221; - si je ne peux fl&#233;chir les dieux, je saurai &#233;mouvoir le fleuve des ombres. C'est &lt;i&gt;tout cela&lt;/i&gt;, la psychanalyse. Et ce n'est, en m&#234;me temps, &lt;i&gt;que cela&lt;/i&gt;. Avis aux amateurs du &#8220;Livre noir&#8221; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard-Henri L&#233;vy, &#171; Suite dans les id&#233;es &#187;, LePoint.fr ().&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s, &#231;a part sur Lacan, puis sur tout et sur rien : c'est du Francis Lalanne la guitare en moins ! Le couplet est toujours le m&#234;me : &#171; Malgr&#233; les mutins tout r&#233;ussira ! &#187;, et &#171; On &#187; ne semble pas entendre poindre au loin, la r&#233;p&#233;tition quelque peu modernis&#233;e de l'&#233;trange et familier refrain r&#233;volutionnaire : Ca... Caillera ! Caillera ! Caillera ! Les &#171; Lumi&#232;res &#187; &#224; la lanterne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moins ces soi-disantes &#171; Cailleras &#187; nous &#233;parpillent un peu de &lt;i&gt;dawa&lt;/i&gt; dans cet univers si bien huil&#233; qu'on appelle la r&#233;alit&#233; sociale ; r&#233;alit&#233; qui ne respire pas - puisqu'elle n'est faite d'autres choses que d'aspirations : au confort, &#224; l'harmonie, &#224; la tranquillit&#233;, etc. ; bref, autant de compromis n&#233;vrotiques - comme le rappelait Cyro Marcos Da Sylva dans son article sur la notion de &#171; naturel &#187; dans le droit. Pour s'en convaincre d&#233;finitivement, il suffisait de lire la double page consacr&#233;e &#224; Jean-Louis Servan-Schreiber dans le &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; de la semaine derni&#232;re, o&#249; il nous vantait les m&#233;rites de toutes sortes de bonheurs st&#233;r&#233;otyp&#233;s plus navrants les uns que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non plus tant &#171; malaise &#187;, mais bien - comme le pr&#233;cisait justement Lacan dans &lt;i&gt;T&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt; - &#171; sympt&#244;me dans la civilisation &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puisqu'il &#233;tait question, dans le bloc-note, d'explication de texte, pourquoi ne pas plut&#244;t se coller &#224; cette phrase de Lacan, tir&#233;e de la pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;L'&#201;veil du printemps&lt;/i&gt; de F. Wedekind :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Qu'on dise reste oubli&#233; derri&#232;re ce qui se dit dans ce qui s'entend&lt;/i&gt; &#187; (J. Lacan, pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;L'&#201;veil du printemps&lt;/i&gt;, In F. Wedekind, Th&#233;&#226;tre, pages 9-12. NRF, Paris, 1974).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, cette fois, BHL situait Freud du cot&#233; des &#171; ombres &#187;, et non plus des &#171; Lumi&#232;res &#187;... C'est d&#233;j&#224; &#231;a de gagner ! Shadows and dust...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ivre noir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ombres et poussi&#232;re... Pour ce qui est de la poussi&#232;re, qu'&#171; On &#187; aille peut-&#234;tre pousser un peu plus loin que l'exergue, et y d&#233;chiffrer, dans cette &lt;i&gt;Traumdeutung&lt;/i&gt;, le r&#234;ve dit des &lt;i&gt;Kn&#246;del&lt;/i&gt;. Pour ce qui est des ombres, celle du &#171; Livre noir &#187; semble s'&#233;tendre sur nos planchers, pour ne pas parler ici de plate-bandes. Mais quand les dits auteurs aurons un jour compris qu'il s'agit d'une plate-bande de moebius, ils s'arr&#234;terons peut-&#234;tre de tourner en rond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On &#187; veut r&#233;gler son compte &#224; Freud. Certes, mais d'une part il est d&#233;j&#224; mort, et de l'autre, ce serait tout de m&#234;me beaucoup plus amusant de l'ex&#233;cuter &#224; l'aune de sa propre th&#233;orie. C'est d'ailleurs ce &#224; quoi pensent s'essayer Mikkel Borch-Jacobsen et ses acolytes. Seulement Borch-Jacobsen se trompe : il ne d&#233;nonce pas tant les arguments de Freud, que ceux d'une th&#233;orie soi-disant psychanalytique qu'il a appris je ne sais pas o&#249; - de je ne sais quel &#171; On &#187; justement -, et &#224; laquelle il apporte d&#233;sormais sa propre contribution. D'ailleurs tout le livre ne d&#233;nonce que &#231;a : des th&#233;ories pseudo-psychanalytiques, qui ne sont en fait que des relectures de psychiatres ayant entendu parler de psychanalyse... Certains s'y sont reconnus, tant pis pour eux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y &#233;nonce la soi-disante homophobie de Freud et, dans le m&#234;me temps, sa b&#233;vue dans un livre sur L&#233;onard de Vinci, o&#249; Freud hisse justement l'homosexualit&#233; de ce dernier au rang du sublime :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lorsque la recherche m&#233;dicale de l'&#226;me, qui d'ordinaire se contente d'un mat&#233;riel humain m&#233;diocre, aborde l'un des Grands du genre humain, elle n'ob&#233;it pas pour autant aux motifs qui lui sont si fr&#233;quemment imput&#233;s par les profanes. Elle ne tend pas &#8220;&#224; noircir ce qui rayonne, ni &#224; tra&#238;ner le sublime dans la poussi&#232;re&#8221; &#187; (S. Freud, Un souvenir d'enfance de L&#233;onard de Vinci, &#338;uvres compl&#232;tes, volume X, PUF, Paris, 1993, pp. 79-164).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques lignes - les premi&#232;res de l'ouvrage - que Freud emprunte lui-m&#234;me &#224; Schiller, pour peut-&#234;tre faire en sorte que les profanes auteurs de ce &#171; Livre noir &#187; aillent se faire r&#233;fl&#233;chir ailleurs, bien qu'ils semblent d&#233;finitivement &#171; perdus pour la science &#187; selon l'expression si bien consacr&#233;e ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On veut tuer Freud mais il est d&#233;j&#224; mort ; alors &#171; On &#187; tourne en rond. Pourquoi ? Parce que maintenant qu'il est mort - et que l'on croit que &#171; On &#187; l'a tu&#233; - il s'agirait justement de le bouffer : c'est &#231;a, la th&#233;orie de Freud sur le meurtre du p&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224;, il ne semble plus y avoir grand monde. On a peur de le bouffer tout cru, justement, ce cadavre du bon vieux docteur. Alors on le regarde, ce cadavre, l&#224;, juste sous nos yeux, et on dit : &#231;a sent pas bon... J'en veux pas... J'ai pas faim... Comme quand on a cinq ans devant le plat de rognons qui nous r&#233;pugne, &#171; On &#187; ne sait pas pourquoi... Eh bien &#171; On &#187; ira chez le psychanalyste pour le savoir, et il s'agira de demander la permission de se lever du divan avant d'avoir tout fini : &#171; mange ton dasein &#187; ! Et la fin de l'analyse, pr&#233;cis&#233;ment, c'est l&#224; o&#249; il faut mettre les bouch&#233;es doubles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On &#187; conna&#238;t l'histoire que raconte personne dans le film du m&#234;me nom : la morale y &#233;tait que parfois, il vaut mieux &#234;tre bien au chaud dans la merde, plut&#244;t que de se faire bouffer tout cru. Dans l'inconscient, c'est l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ulysse s'y &#233;tait essay&#233; avec le Cyclope, pour ma part, si la psychanalyse avait besoin d'un slogan publicitaire, je proposerai celui-ci :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous en avez marre d'&#234;tre comme tout le monde ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous voulez enfin &#234;tre quelqu'un ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Faites une analyse...&lt;br /&gt;
... Ne soyez plus personne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la peste &#224; la grippe a-V'hier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors devant cet empire du &#171; On &#187; (et du &#171; n'On &#187; d'ailleurs, comme en mai dernier), ce sont, en attendant que quelques-uns se d&#233;cident &#224; dire &#171; Je &#187;, les Banlieues qui nous r&#233;veillent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Enfant en danger, enfant dangereux &#187; : tel &#233;tait le titre du colloque, de la rencontre franco-br&#233;silienne de droit et psychanalyse, que nous annoncions il n'y a pas un mois sur le site. Mais on se demande toujours en danger de quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas six mois &#8212; au d&#233;but de l'ann&#233;e &#8212;, nous publiions un livre, intitul&#233; : &lt;i&gt;&lt;a href='https://www.psychanalyste-paris.com/Psychologie-de-la-violence.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Psychologie de la violence&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Violence du livre d'abord : commande d'un &#338;di(p)teur en qu&#234;te de bonnes ventes, qui n'escomptait s&#251;rement pas que &#231;a dise pourquoi, mais bien que &#231;a p&#232;te ! C'est chose faite ! Pour ma part, j'essayai d'y lire comment l'&#338;dipe se fait entendre dans ce que l'on nomme &#224; juste titre le probl&#232;me des &#171; Banlieues &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#034;Quel est l'&#234;tre... ?&#8221; &#338;dipe face &#224; l'&#233;nigme de la violence &#187;, Psychologie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; - du lieu de la mise au ban. J'y soutenais une r&#233;ponse &#224; la sempiternelle question que l'on pose &#224; la psychanalyse : certes, l'imaginaire sociale - la soci&#233;t&#233;, la civilisation - a peut-&#234;tre &#233;volu&#233;e, certes la symbolique juridique et &#233;conomique s'est peut-&#234;tre modifi&#233;e, mais l'inconscient, lui, le r&#233;el, c'est ce qui revient toujours &#224; la m&#234;me place ! Pour preuve, dans le r&#244;le aujourd'hui de la Sphinge, les gardiens de la place, justement, comme les appelle Dembo Goumane. Ceux qu'on appelle les &#171; Dit-leurs &#187; ont justement ce r&#244;le d'interrogation que la Sphinge occupait aux abords - c'est-&#224;-dire, d&#233;j&#224;, &#224; la banlieue - de la cit&#233; Th&#233;baine. Si Sarkozy s'y prend pour &#338;dipe - veut tuer son Chirac de p&#232;re pour &#233;pouser la Reine-M&#232;re-patrie -, c'est son probl&#232;me : une fois qu'il se sera crev&#233; les yeux, &#171; &#199;a ira &#187; mieux ! Au moins, lui se confronte &#224; la Sphinge !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La simple d&#233;nonciation d'une soci&#233;t&#233; narcissique, voir narcissis&#233;e, ne change rien. Par qui ? Les magasins et les magazines ? Certes, les &#233;meutiers, c'est comme les louveteaux, &#231;a aime la meute ! Mais qu'&#171; On &#187; relise plut&#244;t &#171; La psychologie de la foule &#187; freudienne, en essayant cette fois peut-&#234;tre d'y entendre quelque chose de cet objet a. Narcissisme peut-&#234;tre : mais il s'agit tout de m&#234;me de ne pas confondre la Sphinge et l'Haine-igme ; quant &#224; la peste, elle aussi revient toujours &#224; la m&#234;me place, puisqu'elle est d&#233;j&#224; l&#224;, annonc&#233;e, mena&#231;ant de nouveau de se r&#233;pandre en cette pand&#233;mie moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#338;dipe, est, pour la plupart d'entre-nous du petit n&#232;gre : on n'y comprend rien, m&#234;me s'il est, bien s&#251;r, toujours possible de faire semblant. C'est forclore l'inconscient qui nous croque &#224; pleine dents nuit et jour, &lt;i&gt;Night and day&lt;/i&gt; comme l'&#233;crivait ce n&#232;gre-blanc de Cole Porter, homosexuel &#224; ses heures, qui avait, lui, quelque appr&#233;hension de l'&lt;i&gt;automaton&lt;/i&gt; ; quelque chose qui nous croque nos mythe-haines, c'est-&#224;-dire notre narcissisme peut-&#234;tre. C'est bien pour cela qu'&#224; &#171; L'&#338;dipe petit n&#232;gre &#187;, l'inconscient r&#233;pond du tac au tac : &#171; Morsure le nihil &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chaque psychanalyste, - pour peu qu'il ait un site internet -, est sans cesse d&#233;rang&#233; par ces coups de t&#233;l&#233;phone intempestifs de soit-disant journaliste qui veulent savoir ce que le &#171; psy &#187; en pense, pour savoir ce qu'il peut en penser lui-m&#234;me. Le coup de t&#233;l&#233;phone ne doit pas durer plus de cinq minutes et le souci principal de votre interlocuteur, on apprend vite &#224; le conna&#238;tre : surtout se faire confirmer ce qu'il croyait avoir compris - c'est-&#224;-dire son &#171; petit n&#232;gre &#187; &#224; lui !&lt;br /&gt;
Une anecdote &#224; la fois comique et navrante : &#224; l'&#233;poque de l'assassinat d'une femme par un homme qui sortait tout droit d'un asile psychiatrique, je re&#231;ois un coup de t&#233;l&#233;phone d'un de ces journalistes. Le ton est bien sur p&#233;remptoire : il voulait parler &#224; Monsieur Ball&#233;... Ballet ? Je lui dit que &#231;a doit &#234;tre une erreur, qu'il s'est tromp&#233; de num&#233;ro... Pourtant il me demande : &#171; Je ne suis pas &#224; l'association de psychanalystes ? &#187; &#171; -Si, mais je ne connais pas ce nom l&#224; ! &#187; &#171; -... Il est psychiatre... et s'int&#233;resse &#224; la question des troubles mentaux... Il a &#233;crit des articles sur votre site... &#187; &#171; - Ah ! Benjamin Ball !... Mais il est mort il y a longtemps mon vieux ! &#187;&lt;br /&gt;
Le gars - dont c'est le m&#233;tier de lire et d'&#233;crire - n'avait pas vu le sous-titre qui donnait la date de publication du dit article : 1888 ! Qui plus est, en survolant l'article, il n'avait m&#234;me pas reconnu le style bien caract&#233;ristique car quelque peu ampoul&#233; des litt&#233;rateurs du XIXe si&#232;cle ! Navrant !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bernard-Henri L&#233;vy, &#171; Avec Freud et Lacan, pour les Lumi&#232;res &#187;, LePoint.fr (&lt;a href=&#034;http://www.lepoint.fr/edito/document.html?did=138498&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lepoint.fr/edito/document.html?did=138498&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. sur ce point notre article dans le dernier num&#233;ro de la revue &lt;i&gt;M&#233;diaMorphoses&lt;/i&gt; : &#171; Les m&#233;dias nous psychanalysent-ils ? &#187; (&lt;i&gt;M&#233;diaMorphoses&lt;/i&gt; n&#176; 14 : &#171; Peut-on psychanalyser les m&#233;dias ? &#187;, Ina-Armand Colin, Paris, septembre 2005).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bernard-Henri L&#233;vy, &#171; Suite dans les id&#233;es &#187;, LePoint.fr (&lt;a href=&#034;http://www.lepoint.fr/edito/document.html?did=170098&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lepoint.fr/edito/document.html?did=170098&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#034;Quel est l'&#234;tre... ?&#8221; &#338;dipe face &#224; l'&#233;nigme de la violence &#187;, &lt;i&gt;Psychologie de la violence&lt;/i&gt;, Studyrama, Paris, 2005, pp. 128-144.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conter fleurette</title>
		<link>https://www.psychanalyste-paris.com/Conter-fleurette.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.psychanalyste-paris.com/Conter-fleurette.html</guid>
		<dc:date>2005-02-13T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Sigmund Freud</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Pour paraphraser Cocteau, l'on peut dire qu'&#224; suivre notre inconscient, il s'agit d'aller &#224; l'instar de la fl&#232;che d'Henri : &#034;plus vite que la beaut&#233;&#034; !&lt;br /&gt;
Freud aimait &#224; rappeler le fameux mot de Jocaste s'adressant &#224; son fils, Oedipe :&lt;br /&gt;
&#034;Ne crains pas de t'unir &#224; ta m&#232;re, car, dans leurs songes, beaucoup d'hommes ont r&#234;v&#233; qu'ils s'unissaient &#224; leur m&#232;re ; mais celui qui sait que ces songes ne sont rien, m&#232;ne une vie tranquille&#034; (Sophocle, Oedipe Roi (v. 955 et sq.) ; cf. Freud, L'Interpr&#233;tation du r&#234;ve, Oeuvres compl&#232;tes, vol. IV, PUF, Paris, 2003, Chapitre V, section D, &#167; &#223;, p. 305).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il est peut-&#234;tre pr&#233;f&#233;rable de dire aujourd'hui : si beaucoup d'hommes r&#234;vent encore et toujours &#224; et de l'acte sexuel, la s&#233;duction est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; pour leur faire surmonter leurs propres r&#233;sistances &#224; cet acte &#187; (C. Bormans, &lt;i&gt;Conter fleurette&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/-Billets-d-humeur-.html" rel="directory"&gt;&#201;ditos et billets d'humeur&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/+-Sigmund-Freud-+.html" rel="tag"&gt;Sigmund Freud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton51-bb8ab.jpg?1757670364' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nombre d'expressions populaires ou &#224; la mode viennent signifier le d&#233;sir de s&#233;duire : &#034;draguer&#034;, &#034;chasser&#034;, &#034;flirter&#034;, &#034;emballer&#034;, &#034;courir&#034;, etc. Nous ne pouvons nous m&#233;prendre que derri&#232;re la trivialit&#233; de ces expressions se cache la sexualit&#233;. Mais pourquoi utiliser de telles expressions pour une si noble cause ? En r&#233;alit&#233;, le caract&#232;re trivial de ces expressions est l&#224; pour nous aider &#224; surmonter une peur inconsciente refoul&#233;e : celle de l'acte sexuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de nous l'id&#233;e de penser que cette timidit&#233; gauche est propre &#224; notre &#233;poque, comme d'aucuns voudraient le croire. D&#232;s 1910, Freud avait clairement mis en &#233;vidence que chez les peuples primitifs d&#233;j&#224;, la femme est reconnue comme &#034;une source de dangers et le premier acte sexuel avec elle repr&#233;sente un danger particuli&#232;rement intense&#034; (Freud, p. 73). Il est amusant d'illustrer cette th&#232;se &#224; l'aide d'une expression ch&#232;re &#224; nos grands parents, mais que tous les petits-enfants ont entendu prononcer, avec un sourire entendu, de la bouche de leurs anc&#234;tres : l'expression &#034;conter fleurette&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'origine historique et &#233;tymologique de cette expression illustre &#224; merveille cette th&#232;se freudienne selon laquelle non seulement l'acte sexuel ne va pas de soit, mais surtout, que tout l'art de la s&#233;duction consiste, justement un peu &#224; la mani&#232;re des rituels des primitifs, &#224; surmonter ses propres r&#233;sistances, ses propres peurs inconscientes vis-&#224;-vis de cet acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Origine du vieux dicton &#171; conter Fleurette &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; Horace Raison que nous devons d'avoir retrouver l'origine historique du vieux dicton &#034;Conter fleurette&#034; (Horace Raison, Code Galant, ou Art de conter fleurette, &#201;d. Ollivier, Paris, 1857, p. 13-30). Ce dicton provient d'une histoire unissant en un instant crucial, l'un des plus grands personnages de l'histoire fran&#231;aise, &#224; une illustre inconnue, qui pourtant, aura elle aussi grav&#233; de son empreinte l'histoire en laissant son nom au dicton : &#224; savoir le roi Henri IV et une paysanne nomm&#233;e Fleurette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri IV &#233;tait alors &#226;g&#233; de quinze ans, lorsqu'en 1566 il re&#231;ut &#224; N&#233;rac son cousin, le roi Charles IX, venu pour visiter la cour de Navarre. Au cours des nombreuses f&#234;tes organis&#233;es pour agr&#233;menter le s&#233;jour du roi, le jeune Henriot (tel qu'on l'appelait encore &#224; l'&#233;poque) se fit surtout remarquer par son ardeur, et notamment &#224; l'&#233;preuve du tir &#224; l'arc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jeu consistait &#224; l'&#233;poque &#224; fendre en deux une orange plac&#233;e &#224; bonne distance du tireur. Le roi Charles affectionnait tout particuli&#232;rement ce jeu d'adresse, et alors qu'aucun des courtisans - et pas m&#234;me le duc de Guise nous pr&#233;cise Horace Raison, qui pourtant excellait &#224; cet exercice -, n'aurait eu la maladresse de s'y montrer plus habile que le roi, lorsque le tour d'Henri vient, il fend pourtant du premier coup l'orange de sa fl&#232;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles fait alors preuve d'humeur, bouscule Henri, dont le sang ne fait qu'un tour : il s'indigne, recule de quelque pas, bande son arc, et pointe sa fl&#232;che sur la poitrine du roi. Ordre est alors imm&#233;diatement donn&#233; d'&#233;loigner le bouillant cousin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, Charles trouve un pr&#233;texte pour ne point para&#238;tre au jeu, et le duc de Guise laisse alors exprimer tout son art. Soudain &#224; court d'orange, le duc se saisit d'une rose qui brillait au sein d'une des jeunes filles qui assistait au spectacle, et la met en lieu et place de l'orange manquante. Le duc tire le premier, rate la fleur, mais la fl&#232;che d'Henri, qui lui succ&#232;de, atteint son but. Henriot se saisit alors galamment de la fleur par la fl&#232;che qui lui sert de tige, et court la rendre &#224; la jolie villageoise, sans la d&#233;tacher : c'est le coup de foudre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retournant au ch&#226;teau, Henri apprend que la belle enfant se pr&#233;nomme Fleurette, qu'elle habite un petit pavillon aux environs de la fontaine de la Garenne, avec son p&#232;re, jardinier du ch&#226;teau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, Henri se lance dans les plantations, travaille au jardinage, et demande &#224; &#234;tre aid&#233; par le p&#232;re de Fleurette, s'offrant ainsi le meilleur des pr&#233;textes de courtiser - c'est-&#224;-dire d'en &#034;conter&#034; &#224; : Fleurette. Jusqu'&#224; ce qu'un soir, au clair de lune de la fontaine de la Garenne, &#034;la bergerette&#034; de quatorze ans et le &#034;prince de B&#233;arn&#034; finissent par conna&#238;tre tous les deux et pour la premi&#232;re fois l'amour charnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire nous dit que le pr&#233;cepteur du prince (Lagaucherie), furieux du distrait de son &#233;l&#232;ve royal, fini par &#233;loigner le prince, en l'attirant vers Pau, pour de l&#224; se rendre &#224; la fameuse entrevue de Bayonne, o&#249; f&#251;t para&#238;t-il r&#233;solu le massacre des Protestants. On conna&#238;t la suite : comme le dit subtilement Horace raison, &#034;les filles d'honneur de Catherine de M&#233;dicis s'&#233;taient charg&#233;es du soin d'effacer de son souvenir l'image de la pauvre petite Fleurette&#034;. Aussi, conclue Horace Raison, &#034;l'histoire ne fait-elle aucune mention de Fleurette, et nul &#233;diteur ne s'avise d'annoncer pompeusement ses M&#233;moires. Par une heureuse compensation toutefois, la galanterie a pris son joli nom sous ses auspices et s'est charg&#233;e de perp&#233;tuer la gracieuse m&#233;moire de la jolie et tendre enfant, &#224; qui l'on ne saurait se d&#233;fendre de donner un doux souvenir, chaque fois que l'on tente de conter fleurette&#034; (Horace Raison, Code Galant, ou Art de conter fleurette, &#201;d. Ollivier, Paris, 1857, p. 13-30).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tabou de la Virginit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interpr&#233;tation psychanalytique de cette petite histoire ne doit laisser subsister aucun doute : le fait de fendre la fleur en deux &#233;quivaut &#224; la d&#233;floration tant redout&#233;e, celle-l&#224; m&#234;me dont Freud nous entretient longuement dans son magnifique article sur le &#034;Tabou de la virginit&#233;&#034; (1918). En outre, le fait que la fleur soit remplac&#233;e le second jour par l'orange dont le caract&#232;re sanguin n'est plus &#224; d&#233;montrer, confirme que l'enjeu symbolique de l'&#233;preuve du tir &#224; l'arc est bien, en effet, de surmonter la peur taboue de la d&#233;floration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si cette peur est inconsciente, la raison ne peut nous &#234;tre d'aucune aide, et contrairement &#224; une id&#233;e largement r&#233;pandue, c'est seulement de l'inconscient que nous sommes en droit d'attendre une dynamique qui doit nous aider &#224; surmonter cette peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que fait Henri lorsqu'il transperce la fleur de sa fl&#232;che ? Il r&#233;ussit &#224; op&#233;rer une m&#233;taphore, &#224; l'endroit d'un d&#233;sir qui le regarde : celui du premier acte sexuel. Par cette m&#233;taphore inconsciente, ou par cet acte manqu&#233; si bien r&#233;ussi pourrait-on dire, par ce jet comme jaillissement de l'objet a, aurait dit Jacques Lacan, bref en un &#233;clair, le jeune Henriot symbolise en une m&#233;taphore &#233;clatante, le d&#233;sir qui le regarde. C'est ce que Lacan appelle la m&#233;taphore paternelle, laquelle substitue un signifiant au X du d&#233;sir de la m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la rapidit&#233; de son acte, Henriot ne peut que s'arr&#234;ter bouche b&#233;e. Il est litt&#233;ralement saisi par ce que son inconscient &#224; su faire avant qu'il n'y ait r&#233;fl&#233;chi. La rapidit&#233; de l'inconscient est comparable &#224; la rapidit&#233; de sa fl&#232;che. La s&#233;duction op&#232;re, tranche. Henriot a su s&#233;duire, c'est-&#224;-dire s&#233;parer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;duire vient en effet du mot latin &#034;seducere&#034; qui signifie s&#233;parer. Plus pr&#233;cis&#233;ment, il s'agit de se s&#233;parer de la bonne conduite (&#034;ducere&#034;) imprim&#233;e par le chef, le &#034;ductor&#034;, le &#034;dux&#034; ou le &#034;duce&#034;. Au XVIIe c'est, on le sait, le diable qui s&#233;duit, c'est-&#224;-dire qui s&#233;pare de la bonne conduite imprim&#233;e par Dieu le P&#232;re. Mais si pour le catholicisme de la tradition du Moyen ge, la s&#233;duction c'est le diable, c'est que le catholicisme ne sait pas encore se servir de l'inconscient, contrairement au protestant Henri IV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;duire c'est, &#224; l'instar d'Henri IV, r&#233;ussir &#224; tenir cette attitude contradictoire qui consiste &#224; se s&#233;parer en un &#233;clair du Roi, afin de surmonter sa peur de la castration et de l'acte sexuel, pour, l'instant d'apr&#232;s, sublimer cette s&#233;paration et assumer soi-m&#234;me, &#224; l'instar d'Henri IV, la position du bon Roi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien n'est possible sans l'aide de la rapidit&#233; de l'inconscient, sans le jaillissement de l'objet a. La fugitive s&#233;duction, c'est le v&#233;ritable transfert inconscient, c'est ce par quoi op&#232;re et ce &#224; quoi aboutit la v&#233;ritable analyse de la psych&#233; inconsciente : l'acte analytique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour paraphraser Cocteau, l'on peut dire qu'&#224; suivre notre inconscient, il s'agit d'aller &#224; l'instar de la fl&#232;che d'Henri : &#034;plus vite que la beaut&#233;&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud aimait &#224; rappeler le fameux mot de Jocaste s'adressant &#224; son fils, &#338;dipe : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Ne crains pas de t'unir &#224; ta m&#232;re, car, dans leurs songes, beaucoup d'hommes ont r&#234;v&#233; qu'ils s'unissaient &#224; leur m&#232;re ; mais celui qui sait que ces songes ne sont rien, m&#232;ne une vie tranquille&#034; (Sophocle, &#338;dipe Roi (v. 955 et sq.) ; cf. Freud, L'Interpr&#233;tation du r&#234;ve, &#338;uvres compl&#232;tes, vol. IV, PUF, Paris, 2003, Chapitre V, section D, &#167; &#223;, p. 305).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est peut-&#234;tre pr&#233;f&#233;rable de dire aujourd'hui : si beaucoup d'hommes r&#234;vent encore et toujours &#224; et de l'acte sexuel, la s&#233;duction est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; pour leur faire surmonter leurs propres r&#233;sistances &#224; cet acte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Rumeur</title>
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		<dc:date>2003-10-12T10:21:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Sigmund Freud</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Lacan</dc:subject>
		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>

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&lt;p&gt;Faisant suite &#224; notre participation &#224; un d&#233;bat t&#233;l&#233;vis&#233; sur le th&#232;me de la rumeur et des fantasmes, les r&#233;cents rebondissements de l'actualit&#233; m&#233;diatico-politique nous invitent &#224; livrer ici un petit commentaire psychanalytique sur la rumeur et l'inconscient freudien. &lt;br class='autobr' /&gt; Allons d'embl&#233;e au coeur du sujet. Pour le psychanalyste, la rumeur est une mise en sc&#232;ne : la mise en sc&#232;ne d'un fantasme. Comme chacun sait, une mise en sc&#232;ne se fait g&#233;n&#233;ralement sur un th&#233;&#226;tre. Le th&#233;&#226;tre dont il est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton47-a1878.gif?1757670364' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Faisant suite &#224; notre participation &#224; un d&#233;bat t&#233;l&#233;vis&#233; sur le th&#232;me de la rumeur et des fantasmes, les r&#233;cents rebondissements de l'actualit&#233; m&#233;diatico-politique nous invitent &#224; livrer ici un petit commentaire psychanalytique sur la rumeur et l'inconscient freudien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Allons d'embl&#233;e au coeur du sujet. Pour le psychanalyste, la rumeur est une mise en sc&#232;ne : la mise en sc&#232;ne d'un fantasme. Comme chacun sait, une mise en sc&#232;ne se fait g&#233;n&#233;ralement sur un th&#233;&#226;tre. Le th&#233;&#226;tre dont il est question ici - le th&#233;&#226;tre dont il s'agit dans le cas de la rumeur -, c'est le th&#233;&#226;tre de la rue. La rumeur c'est la mise en sc&#232;ne du fantasme sur ou dans le th&#233;&#226;tre de la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rumeur et Fantasme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fantasme c'est un sc&#233;nario sp&#233;cifique, un sc&#233;nario dont nous sommes tous les personnages. Dans le fantasme, nous sommes comme le sc&#233;nariste ou l'&#233;crivain, qui va &#233;crire pour mettre en sc&#232;ne son propre sc&#233;nario, c'est-&#224;-dire ses propres conflits psychiques inconscients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans la rumeur comme dans toute bonne pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, il faut qu'il y ait une bonne intrigue. Intrigue vient du latin &#171; tricae &#187; qui veut dire &#171; embarras &#187;. &#171; Intricare &#187;, c'est mettre dans l'embarras, &#171; extricare &#187;, c'est sortir de l'embarras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on met donc en sc&#232;ne dans une rumeur, c'est ce qui nous embarrasse. Pour &#234;tre plus pr&#233;cis : ce que l'on met en sc&#232;ne, c'est ce que l'on n'arrive pas &#224; dire. Et ce que l'on n'arrive pas &#224; dire, c'est l'indicible, c'est-&#224;-dire pr&#233;cis&#233;ment ce que Jacques Lacan nommait le r&#233;el et Freud, quant &#224; lui, l'inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnage principal de la rumeur, c'est donc bien l'indicible, le r&#233;el, c'est-&#224;-dire l'inconscient, que l'on ne peut se repr&#233;senter autrement que sur un mode imaginaire et projet&#233; sur une autre sc&#232;ne, apparemment ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cure analytique vise on le sait &#224; appr&#233;hender ce r&#233;el, cet indicible de l'existence, par le symbolique. C'est la cure par la parole (la fameuse &#171; talking cure &#187; d'Anna O.), laquelle confronte le sujet, tout comme &#338;dipe dans la pi&#232;ce de Sophocle, &#224; l'&#233;nigme de la Sphinge. S'il y a bien une mise en sc&#232;ne analytique, celle-ci est hautement op&#233;rante. Elle vise pr&#233;cis&#233;ment d'une part &#224; l'abr&#233;action, c'est-&#224;-dire au passage de l'imaginaire au symbolique (c'est la catharsis d'Aristote remise au go&#251;t du jour par la m&#233;thode de Breuer &#224; la fin du XIXe si&#232;cle), et &#224; la r&#233;duction du fantasme &#224; une &#233;criture d'autre part, c'est-&#224;-dire au rep&#233;rage de ce par quoi nous sommes captif dans le r&#233;el (cf. Jacques Lacan&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La fin d'analyse, on peut la d&#233;finir. La fin d'analyse, c'est quand on a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la rumeur, par contre, il s'agit d'une mise en sc&#232;ne &#171; &#224; la va-vite &#187;. Une rumeur, c'est jouer &#171; &#224; la va-vite &#187; ! En tant que sc&#233;nariste, on prend les acteurs qui sont d&#233;j&#224; &#224; notre disposition. Et il y en a pl&#233;thore ! Ce sont ceux qui sont d&#233;j&#224; sur la sc&#232;ne : les plus connus, les plus c&#233;l&#232;bres, etc. Ne les appelle-t-on pas, d'ailleurs, les &#171; acteurs &#187; de la vie politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ces acteurs qui sont &#171; d&#233;j&#224;-l&#224; &#187;, que l'on va faire jouer notre propre fantasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, de la m&#234;me mani&#232;re que dans une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, ce n'est pas la v&#233;rit&#233; objective (rationnelle, consciente) qui compte, mais c'est bien &#224; l'aune de la v&#233;rit&#233; et de la r&#233;alit&#233; psychique et fantasmatique que l'on va pouvoir mesurer tout l'impact et la popularit&#233; d'une rumeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La rue meurt&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, d'aucuns peuvent r&#233;torquer au psychanalyste freudien, que la rumeur est un ph&#233;nom&#232;ne hautement collectif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une analyse sociologique de la rumeur, se r&#233;f&#233;rer &#224; l'excellent site de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, et cela n'a rien d'&#233;trange ! Comme des millions de spectateurs s'engouffrent dans des th&#233;&#226;tres ou cin&#233;mas pour aller voir une bonne pi&#232;ce ou un film &#171; g&#233;nial &#187;, auquel on va du reste pouvoir s'identifier (c'est mon film pr&#233;f&#233;r&#233;, c'est tout moi, c'est ma vie, etc.), des millions d'individus vont colporter la rumeur lorsqu'elle est bonne. C'est-&#224;-dire lorsqu'elle met en sc&#232;ne une bonne intrigue, autrement dit, on l'aura compris, un fantasme fondamental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fantasme fondamental n'a pas de secret. C'est m&#234;me sa sp&#233;cificit&#233; d'&#234;tre si r&#233;p&#233;titif qu'il finit par passer inaper&#231;u : ridiculis&#233; le p&#232;re imaginaire, faire tr&#233;bucher le personnage c&#233;l&#232;bre et fantasmatique, le mettre &#224; genou, etc. Bref, &#171; que la b&#234;te meure ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous connaissons tous, ce type de fantasme infantile, et certes, nous en sommes tous, aujourd'hui, plus ou moins d&#233;gag&#233;s. Oui, certainement, du moins peut-&#234;tre, mais qu'advient-il lorsque l'occasion s'offre &#224; nous de pouvoir encore une fois le partager avec d'autres &#224; moindre frais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refuserait-on une telle jouissance de pouvoir le partager, une derni&#232;re fois, avec une &#171; foule &#187; ? C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que l'on appelle le re-&#171; foule &#187;-ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au caract&#232;re a priori &#233;trange de la rumeur, il est donn&#233; par sa particularit&#233; essentielle qui la distingue radicalement d'une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre ou d'un bon film. C'est que l'on n'est pas averti de sa repr&#233;sentation. Mieux, c'est elle, cette repr&#233;sentation, qui vient &#224; nous. C'est ce que Freud appelait &#171; l'inqui&#233;tante &#233;tranget&#233; &#187; (&#171; Unheimliche &#187;) : la rumeur se joue devant nous, se joue de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rue meurt parce pr&#233;cis&#233;ment la rue finit toujours un moment par se croire manipul&#233;e. Dans la rumeur, on a sans cesse cette impression subreptice d'&#234;tre manipul&#233;, d'&#234;tre manipul&#233; pr&#233;cis&#233;ment par ce qui nous fascine. Cette impression d'y &#234;tre, nous aussi sur la sc&#232;ne, c'est l&#224; tout de m&#234;me, il faut bien le dire, le clou du spectacle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; encore, c'est un fantasme. Nul ne peut manipuler la rumeur et la rumeur de manipulation de la rumeur fait partie int&#233;grante de la rumeur, fait partie int&#233;grante du fantasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas savoir si vous &#234;tes spectateur ou acteur (manipul&#233;), c'est pr&#233;cis&#233;ment la d&#233;finition du fantasme. Vous fa&#238;tes partie int&#233;grante du &#171; tournage &#187;, du tournage en rond, dans le fantasme de cet inconscient collectif. Et c'est de cet inconscient collectif dont, pr&#233;cis&#233;ment, il faut sortir pour sortir du fantasme. On a, du m&#234;me coup, toute la diff&#233;rence entre la psychologie (ou psychanalyse) selon Jung et ses successeurs, et la psychanalyse freudienne et lacanienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychologie dite d'inspiration &#171; analytique &#187; incite &#224; sublimer, la psychanalyse, quant &#224; elle, confronte au d&#233;s&#234;tre. Ce n'est pas du tout la m&#234;me chose et la diff&#233;rence est radicale. Pourquoi ? Parce que pousser &#224; la sublimation &#233;quivaut dans ce cas &#224; id&#233;aliser, c'est-&#224;-dire de se rajouter de l'imaginaire, l&#224; o&#249; pr&#233;cis&#233;ment, il faudrait en sortir par le symbolique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La po&#233;sie est imaginairement symbolique &#187; (Jacques LACAN, L'insu que sait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'art ne jugule pas le fantasme, bien au contraire, il l'id&#233;alise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'art humeur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'exprime magnifiquement bien la c&#233;l&#232;bre chanson de Daniel Balavoine : le Chanteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles de l'&#233;cole&lt;br&gt;
Diront que je suis p&#233;d&#233;&lt;br&gt;
Que mes yeux puent l'alcool&lt;br&gt;
Que je ferais bien d'arr&#234;ter&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles, c'est-&#224;-dire les rumeurs diront des choses horribles, et plus c'est horrible, il faut bien le reconna&#238;tre, plus on aime. On sait comment la chanson se termine : &#171; Je veux mourir malheureux &#187; ! Le succ&#232;s incroyable qu'a rencontr&#233; la chanson en dit long sur les d&#233;sirs inconscients de tout un chacun : d&#233;sirs de malheurs, d&#233;sir de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; le discours du Ma&#238;tre - du Ma&#238;tre absolu, la mort -, du Ma&#238;tre chanteur en l'occurrence. Ce que nous fait partager la chanson du chanteur, c'est la fameuse identification &#224; &#171; l'objet a &#187;, c'est-&#224;-dire &#224; la pourriture comme regard : &#171; mes yeux puent &#187; (l'alcool). C'est ce que Jacques Lacan avait merveilleusement bien mis en &#233;vidence dans son s&#233;minaire sur la pulsion (&#171; Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse &#187;, S&#233;minaire XI, &#171; Le regard comme objet petit a &#187;, S&#233;ance du 19 f&#233;vrier 1964, Seuil, Paris, 1973, p. 65 et suiv.). C'est cet objet du fantasme qui soutient le d&#233;sir du chanteur. Identification au &#171; rien &#187;, comme objet petit a. &#171; Pour ne rien regretter &#187;, c'est-&#224;-dire faire Un avec le &#171; rien &#187;, ne pas regretter le &#171; rien &#187;, c'est-&#224;-dire le retrouver et s'y noyer. On sait ce qu'il est advenu d'&#201;dith Piaf, mais c'est &#233;galement l'extase, la b&#233;atitude et la joie supr&#234;me selon Ma&#238;tre Eckhart :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et la plus haute joie qui &#233;choit &#224; l'esprit en partage est de s'&#233;couler &#224; nouveau dans le Rien de son arch&#233;type et &#224; y &#234;tre - en tant que moi - enti&#232;rement perdu &#187; (Ma&#238;tre Eckhart, &lt;i&gt;Des deux chemins&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce qui &#171; sauve &#187; parfois l'artiste de ce d&#233;sir mortif&#232;re, c'est qu'il ne se confond pas avec son public, qu'il arrive parfois &#224; s'en diff&#233;rencier. &#171; Sachez que tout flatteur vit aux d&#233;pens de celui qui l'&#233;coute &#187;, disait le renard rus&#233; au Ma&#238;tre corbeau de La Fontaine. Lorsque le flatteur, c'est-&#224;-dire celui qui colporte la rumeur et celui qui l'&#233;coute se confondent en une seule et unique foule, comme dans la rumeur, la &#171; le&#231;on &#187; vaut bien plus qu'un fromage ! Car l'histoire peut se compliquer tr&#232;s rapidement, jusqu'&#224; parfois devenir &#171; inextricable &#187; justement, incompr&#233;hensible, et appelons-la d&#233;sormais par son nom : parano&#239;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rumeur &#187; vient en effet de l'indo-europ&#233;en &#171; reu &#187;, qui signifie bruit, bruits d'animaux en l'occurrence. Ce sont bien ces m&#234;mes bruits, que le Pr&#233;sident Schreber entendait lorsque, &#224; la veille de sa seconde hospitalisation, alors qu'il occupait depuis moins d'un mois le poste auquel il avait &#233;t&#233; appel&#233; : Pr&#233;sident de la Cour d'appel de Dresde. Il n'arrivait plus &#224; s'endormir pour le seul motif qu'il entendait des &#171; bruits &#187; derri&#232;re le mur de sa chambre &#224; coucher. Et ces bruits, justement, il croyait que c'&#233;tait des bruits d'animaux, des bruits de souris en l'occurrence. On sait ce qu'il advint par la suite de l'&#233;minent juriste : le cas de parano&#239;a le plus c&#233;l&#232;bre de l'histoire de la litt&#233;rature psychiatrique et analytique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de mieux mettre en &#233;vidence cette corr&#233;lation intime entre les bruits, les voix de la rumeur et la parano&#239;a, rappelons pour conclure, l'un des premiers cas de parano&#239;a analys&#233; par Freud&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#171; Nouvelles remarques sur les n&#233;vropsychoses de d&#233;fense &#187; [1896], (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le cas de Mme P., laquelle &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment parano&#239;aque parce qu'elle croyait entendre dire d'elle sur son passage : &#171; C'est Mme P... La voil&#224; qui s'en va. O&#249; va-t-elle ? &#187; L'on peut ais&#233;ment appliquer &#224; la rumeur, ce que les voix disent dans la parano&#239;a : &#171; La rumeur... La voil&#224; qui s'en va. O&#249; va-t-elle ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La fin d'analyse, on peut la d&#233;finir. La fin d'analyse, c'est quand on a [...] retrouv&#233; ce dont on est prisonnier [...] qu'on voie ce dont on est captif &#187; (Jacques LACAN, Le moment de conclure, S&#233;minaire 1977-1978, S&#233;ance du 10 janvier 1978)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une analyse sociologique de la rumeur, se r&#233;f&#233;rer &#224; l'excellent site de Pascal Froissart : &lt;a href=&#034;http://pascalfroissart.online.fr/&#034;&gt;Rumeurs &amp; rumorologie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La po&#233;sie est imaginairement symbolique &#187; (Jacques LACAN, L'insu que sait de l'une b&#233;vue s'aile &#224; mourre, S&#233;minaire XXIV, S&#233;ance du 15 mars 1977, p. 107).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#171; Nouvelles remarques sur les n&#233;vropsychoses de d&#233;fense &#187; [1896], OEuvres compl&#232;tes, volume III, PUF, Paris, 1989, pp. 121-146.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le troisi&#232;me ange sonna de la trompette...</title>
		<link>https://www.psychanalyste-paris.com/Le-troisieme-ange-sonna-de-la.html</link>
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		<dc:date>2002-09-26T08:52:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Psychanalyse des contes et l&#233;gendes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La cacophonie des d&#233;bats sur les r&#233;centes inondations n'est pas sans rappeler celle des moines du film de J.-J. Anneau : &#171; Au nom de la rose &#187;. Ces moines qui, confront&#233;s &#224; la mort inexpliqu&#233;e, pr&#233;f&#232;rent courir dans tous les sens et refouler la mort, plut&#244;t que de d&#233;couvrir le v&#233;ritable meurtre. Apr&#232;s le deuxi&#232;me crime, et dans l'affolement g&#233;n&#233;ral qui r&#232;gne dans l'enceinte du monast&#232;re, l'on peut entendre une voix d&#233;clamant les dixi&#232;me et onzi&#232;me versets du chapitre huit de l'Apocalypse de St Jean.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/-Billets-d-humeur-.html" rel="directory"&gt;&#201;ditos et billets d'humeur&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/+-Psychanalyse-des-contes-d-enfants-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse des contes et l&#233;gendes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton56-22fc4.gif?1757670364' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s les inondations &#224; Vaison-la-Romaine en 1992, &#224; Puisserguier en 1996, dans l'Aude en 1999, puis celles de la Somme et d'Amiens en 2001, puis plus r&#233;cemment encore, de l'Est de l'Europe cet &#233;t&#233; et enfin &#171; les intemp&#233;ries qui ont fait 23 morts et un disparu dans le sud-est de la France &#187; comme on dit dans les journaux, le grand embarras du politique et du monde scientifique, nous invite &#224; un parall&#232;le analytique. La cacophonie des d&#233;bats n'est pas en effet, sans rappeler celle des moines, dans le film de J.-J. Anneau : &#171; Au nom de la rose &#187;. Ces moines qui, confront&#233;s &#224; la mort inexpliqu&#233;e, pr&#233;f&#232;rent courir dans tous les sens et refouler la mort, plut&#244;t que de d&#233;couvrir le v&#233;ritable meurtre. Apr&#232;s le deuxi&#232;me crime, et dans l'affolement g&#233;n&#233;ral qui r&#232;gne dans l'enceinte du monast&#232;re, l'on peut entendre une voix d&#233;clamant les dixi&#232;me et onzi&#232;me versets du chapitre huit de l'Apocalypse de St Jean :&lt;br&gt;
&#171; Le troisi&#232;me ange sonna de la trompette. Et il tomba du ciel une grande &#233;toile ardente comme un flambeau ; et elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. Le nom de cette &#233;toile est Absinthe ; et le tiers des eaux fut chang&#233; en absinthe, et beaucoup d'hommes moururent par les eaux, parce qu'elles &#233;taient devenues am&#232;res. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034; Disque-cours &#034; courant et discours analytique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re question sur laquelle s'ouvrent les d&#233;bats sur les inondations est : &#224; qui la faute ? Dans le champ du politique, l'on peut toujours, bien entendu, rejeter la faute sur les hommes politiques eux-m&#234;mes, que l'on se complait &#224; d&#233;peindre comme m&#251; par un narcissisme in&#233;galable. Les hommes politiques participent eux-m&#234;mes &#224; ce discours, en ce qu'il n'en manque pas un qui ne rejette lui-m&#234;me la faute sur son pr&#233;d&#233;cesseur et ainsi de suite. Dans un champ plus sociologique, pourrait-on dire, il ne manque pas une bonne &#226;me pour rejeter la faute sur ses propres concitoyens, pour d&#233;plorer leur manque de solidarit&#233; g&#233;n&#233;ral, le lien privil&#233;gi&#233; qu'ils entretiennent aux m&#233;dias, &#224; la t&#233;l&#233;vision, etc., bref, leur individualisme. Dans le champ scientifique, les experts et contres experts se renvoient d'abord ind&#233;finiment la balle, avant de toujours finir par d&#233;plorer qu'ils ne sont pas &#233;cout&#233;s des politiques : la boucle est boucl&#233;e, ou plut&#244;t le disque se referme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;ponses, ou plut&#244;t ces questions, sont le lot habituel des discours qui ont pour principe de tourner en rond. C'est le &#034; disque-cours &#034; courant, fut-il soutenu par d'&#233;minents politiques ou scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sp&#233;cificit&#233; du discours analytique est d'y prendre une position qui permette &#224; chacun, s'il souhaite le soutenir ou s'y engager, de se rep&#233;rer par rapport &#224; ce que J. Lacan a baptis&#233; &#034; objet a &#034;. La psychanalyse n'a pas, en effet, d'autres ambitions que de permettre &#224; chacun, au travers de ses propres transferts et r&#233;sistances inconscientes, de se rep&#233;rer par rapport cette petite lettre, &#224; ce rien de l'existence humaine, qui nous rappelle que l'homme &#034; n'est seulement pas le ma&#238;tre dans sa propre maison &#034;, selon la c&#233;l&#232;bre expression de Freud&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, Introduction &#224; la psychanalyse, [1916-1917], Payot, Paris, 1961, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui, se faisant, g&#233;n&#232;re des effets bien plus b&#233;n&#233;fiques et r&#233;els pour le sujet qui s'y engage, que tout autre relation, fut-elle th&#233;rapeutique, scientifique, voire spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; L'objet a &#034;, on le sait, est ce que Lacan pensait &#234;tre son seul v&#233;ritable apport &#224; la th&#233;orie psychanalytique, encore que Freud avait d&#233;j&#224; entrevu que le sein et les f&#232;ces pouvaient repr&#233;senter cet objet, perdu &#224; jamais par le petit d'homme, confront&#233; qu'il est &#224; la castration symbolique, c'est-&#224;-dire &#224; la mort. Cependant, ces repr&#233;sentations de &#034; l'objet a &#034; pr&#233;sentent le grand d&#233;faut d'&#234;tre bien trop empruntes d'une clinique, dont la m&#233;taphore biologique a &#233;t&#233; bien vite r&#233;cup&#233;r&#233;e par les &#233;ducateurs de toute ob&#233;dience, la porte &#233;tant ouverte en ce qu'elles &#233;taient calqu&#233;es sur ce que chacun peut consciemment voire du d&#233;veloppement de l'enfant qui, &#224; des stades observables de son d&#233;veloppement, doit en venir &#224; se nourrir de solide et &#224; apprendre la propret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pas de plus de Lacan est, justement, d'arracher ces repr&#233;sentations &#224; l'imaginaire du corps et &#224; leur redonner ainsi toute leur dimension symbolique. C'est en ce sens, qu'il a tenu &#224; un moment donn&#233; de son enseignement, &#224; nous repr&#233;senter l'objet perdu sous une forme plus surprenante, notamment sous celle du regard et de la voix. La grande majorit&#233; des psychanalystes qui a suivi Lacan a su insister sur la premi&#232;re de ces repr&#233;sentations, le regard comme &#034; objet petit a &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;minaire de 1964 : Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Regard de la m&#232;re, &#224; jamais perdu, et qu'une interpr&#233;tation sauvage nous fait retrouver lorsque l'on rentre chez-soi le soir, et que l'on se place devant ce qui bouche ou obstrue cette perte, devant ce qui comme son nom l'indique lui fait &#233;cran, c'est-&#224;-dire la t&#233;l&#233;vision. Il semble n&#233;anmoins, aujourd'hui, que ce qui fait retour dans cette obturation de la perte, cet objet petit a, ce soit bien plut&#244;t la voix. Et pour illustrer cet objet, Lacan ne faisait pas moins appelle au fameux Shofar juif, la corne de B&#233;lier ou de bouc sauvage, &#034; corr&#233;latif des circonstances majeures, nous disait-il, de la r&#233;v&#233;lation apport&#233;e &#224; Isra&#235;l &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Angoisse, S&#233;minaire 1962-1963, Le&#231;on XIX du 22 mai 1963, In&#233;dit.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#034;Bouc &#233;missaire&#034; et le &#034;porte-voix&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Car dans toute cette affaire, dans tous ces d&#233;bats sur les inondations, il y a au moins un &#034; bouc &#034; en jeu - il y en a m&#234;me plusieurs -, et d'abord un &#034; bouc &#233;missaire &#034;, le ministre de l'&#201;cologie et du D&#233;veloppement durable : Roselyne Bachelot. T&#234;te de Turc des &#034; Guignols de l'info &#034; et du tandem &#034; Ruquier-Miller &#034;, elle attire &#224; elle tellement de railleries, que l'on en vient &#224; se demander, si l'on ne doit pas plus plaindre les arroseurs que l'arros&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car lorsque l'on en est &#224; se demander &#224; qui la faute, et apr&#232;s avoir interrog&#233;s successivement les experts et les politiques et, surtout, apr&#232;s avoir pos&#233; cette question &#244; combien pr&#233;cieuse pour la science : n'aurait-on pas pu pr&#233;voir ?, l'on en vient finalement &#224; cette question d'exp&#233;rience : une fois d&#233;clar&#233;e, comment faire pour pr&#233;venir au plus vite les habitants ? Devant toute la complexit&#233; des plans pr&#233;vus &#224; cet effet, Roselyne Bachelot avance une piste qui, loin d'&#234;tre stupide dans toute cette cacophonie, n'est finalement pas si d&#233;nu&#233;e de bon sens : en revenir au bon vieux &#034; porte-voix &#034; pour remplacer les services d'alerte que l'on accuse d'avoir mal &#034; fonctionn&#233;s &#034;. Est-ce bien une bourde, une stupidit&#233;, ou n'est-ce pas plut&#244;t un lapsus qui donne &#224; entendre ce que l'on souhaite refouler ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Car rappelons que dans les faits, c'est bien en faisant sonner le Tocsin que l'on a concr&#232;tement averti la population, permettant ainsi &#224; bon nombre d'habitants de pouvoir &#233;chapper &#224; temps au d&#233;sastre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#034; porte-voix &#034;, quelle rigolade, pense-t-on ! Cependant, c'est bien plus le retour du refoul&#233; qui appelle &#224; autant de raillerie ! Car ce &#034; porte-voix &#034; n'est pas sans rappeler cet &#034; objet a &#034; que Lacan &#233;voquait dans son s&#233;minaire de 1963. Le son du Shofar, dont Theodor Reik, &#224; qui Lacan emprunte l'analyse, ne nous dit pas moins qu'il repr&#233;sente la &#034; voix &#034; de Dieu lui-m&#234;me, Yahv&#233;. Or c'est bien au son du Shofar que Mo&#239;se, repr&#233;sentant du peuple &#233;lu, pourra monter sur le toit... Sur le toit du monde en l'occurrence dans la Bible, c'est-&#224;-dire sur le Sina&#239; :&lt;br&gt;
&#034; Le troisi&#232;me jour &#233;tant arriv&#233;, sur le matin, comme le jour &#233;tait d&#233;j&#224; brillant, on commen&#231;a &#224; entendre des tonnerres et &#224; voir briller des &#233;clairs ; une nu&#233;e tr&#232;s &#233;paisse couvrit la montagne, la trompette sonna avec grand bruit, et le peuple qui &#233;tait dans le camp fut saisi de frayeur. Alors Mo&#239;se le fit sortir du camp pour aller au-devant de Dieu, et ils demeur&#232;rent au pied de la montagne. Tout le mont Sina&#239; &#233;tait couvert de fum&#233;e, parce que le Seigneur &#233;tait descendu au milieu du feu. La fum&#233;e s'en &#233;levait comme d'une fournaise, et toute la montagne &#233;tait terrible. Le son de la trompette s'augmentait aussi peu &#224; peu et devenait plus fort et plus per&#231;ant. Mo&#239;se parlait, et Dieu lui r&#233;pondait &#034; (Exode, chapitre 19).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gageons que si le &#034; porte-voix &#034; de Roselyne Bachelot provoque autant de refoulement, c'est &#224; ne pas manquer, &#034; parce que le meurtre du p&#232;re et tout ce qu'il commande, comme dit Lacan, est ce qui retentit comme un beuglement de taureau assomm&#233; qui se fait entendre encore dans le son du Shofar &#034; (Lacan, L'Angoisse, 22 mai 1963).&lt;br&gt;
Mais pourquoi mettre le meurtre du p&#232;re et Dieu dans l'affaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mot d'esprit de Roselyne Bachelot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233;e dans Lib&#233;ration du 24 septembre, sur la question de ses rapports avec les humoristes, Roselyne Bachelot r&#233;pond par un mot d'esprit :&lt;br&gt;
&#034; Connaissez-vous cette histoire des trois petits gar&#231;ons perdus dans la for&#234;t ? Quand Dieu demande au premier ce qu'il veut, il lui r&#233;pond : &#034; Etre dix fois plus intelligent. &#034; Dieu lui donne alors la connaissance de la for&#234;t. Le deuxi&#232;me dit : &#034; Etre cent fois plus intelligent. &#034; Dieu lui donne alors la connaissance du cosmos. Le troisi&#232;me dit : &#034; Etre mille fois plus intelligent. &#034; Dieu en fait une femme... &#034; (Interview de Catherine Coroller, Lib&#233;ration, mardi 24 septembre 2002).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roselyne Bachelot a ind&#233;niablement raison de mettre Dieu dans l'affaire, n'en d&#233;plaise aux humoristes ! Pourquoi ? Parce qu'il y est d&#233;j&#224; ! Bien entendu, si Roselyne Bachelot en fait appel au plus de symbolique, ce n'est elle aussi, que pour mieux en rire, c'est-&#224;-dire le refouler&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. S. Freud, Le Mot d'esprit et sa relation &#224; l'inconscient, [1905].&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, refouler la castration symbolique du lieu, justement, d'o&#249; elle se donne le mieux &#224; voir : celui de la diff&#233;rence des sexes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lib&#233;ration n'en est pas moins &#224; congratuler, puisque le m&#234;me jour, le 24 septembre 2002, il recense comme une bourde un lapsus de Roselyne Bachelot, dans l'interview m&#234;me que le journal lui accorde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le lapsus de Roselyne Bachelot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Lib&#233;ration d&#233;nonce comme bourde, le lapsus suivant que Roselyne Bachelot commet dans l'interview :&lt;br&gt;
&#034; Le service d'annonce des crues a tr&#232;s bien fait son travail, m&#234;me s'il doit &#234;tre renforc&#233; et perfectionn&#233;, mais certains riverains n'y ont pas cru &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; Lib&#233;ration, il semble bien que les lapsus de Roselyne Bachelot tentent de faire passer un discours bien plus sinc&#232;re que ses d&#233;tracteurs voudraient le d&#233;noncer. C'est bien l&#224; la sp&#233;cificit&#233; de l'acte manqu&#233; et du lapsus, que Freud nous a appris &#224; entendre &#224; la lettre, comme une v&#233;rit&#233; profonde qui se donne &#224; entendre au sein m&#234;me du refoulement et du mensonge duquel il &#233;merge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car dans toutes ces catastrophes dites &#034; naturelles &#034;, un signifiant se donne bien &#224; entendre : &#034; CRU &#034;. Et il s'agit bien de cela : non seulement de croire, mais &#233;galement du nouage entre le cru et le cuit, entre culture et nature, c'est-&#224;-dire qu'il s'agit l&#224; d'un signifiant qui nous renvoie au symbolique et &#224; notre rapport &#224; la loi, &#224; la Loi primordiale dit Lacan, en tant qu'elle nous permet, justement, de r&#233;concilier notre culture d'avec la nature :&lt;br&gt;
&#034; La Loi primordiale est donc celle qui en r&#233;glant l'alliance superpose le r&#232;gne de la culture au r&#232;gne de la nature livr&#233; &#224; la loi de l'accouplement. &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Lacan, &#034; Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse &#034;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;br&gt;
Or cette loi ne se donne pas &#224; &#034; entendre &#034; lorsque la filiation est falsifi&#233;e, et que &#034; la contrainte de l'entourage s'emploie &#224; en soutenir le mensonge &#034;, pr&#233;cise-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'inceste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Car, en effet, la filiation se trouve bien, et dans une large mesure aujourd'hui, falsifi&#233;e, du fait m&#234;me que la science pr&#233;sente pour unique ambition de refouler la mort. Il est bien dit ici &#034; refouler &#034;. Car que l'on puisse prolonger la vie, et m&#234;me infiniment, ne veut pas n&#233;cessairement dire refouler la mort. Lorsqu'il est dit que la science tente de refouler la mort, nous voulons dire que, ce que la science nous laisse comme perspective, c'est que dans toute cette op&#233;ration, on y gagnerait quelque chose ! Car que pourrait-on v&#233;ritablement gagner &#224; vivre plus longtemps, voire ind&#233;finiment ? Ce que la science nous promet, c'est un plus de jouir, en ce que sans la mort, elle nous laisse entrevoir une perspective au sein de laquelle il n'y aura plus de g&#233;n&#233;ration ! Ce que la science nous fait miroiter, c'est que rien ne nous emp&#234;chera alors, de prendre sa m&#232;re pour &#233;pouse ! Il en d&#233;coule, logiquement, que l'on nage tout simplement dans l'inceste, et il ne reste plus aux &#034; maires sinistr&#233;s &#034; de porter plainte contre X&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034; Des maires sinistr&#233;s du Gard portent plainte contre X &#034;, Lib&#233;ration 24/09/02.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et &#224; leurs femmes d'accouch&#233;es sous la m&#234;me lettre, celle de l'Inconscient (Ics), &#224; d&#233;faut d'un quelconque rapport &#224; la nomination, c'est-&#224;-dire au verbe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien l&#224; que le son du Shofar fait retour, car &#034; c'est bien la confusion des g&#233;n&#233;rations qui, dans la Bible comme dans toutes les lois traditionnelles, est maudite comme l'abomination du verbe et la d&#233;solation du p&#233;cheur &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Lacan, &#034; Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse &#034;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br&gt; Car dans toute cette histoire dans laquelle il n'est question que de refouler la mort &#034; &#224; qui mieux mieux &#034;, c'est-&#224;-dire pour mieux commettre l'inceste, le &#034; porte-voix &#034; nous rappelle que nul ne peut se substituer au Verbe et &#224; la Nomination, bref : le &#034; porte-voix &#034; nous rappelle que c'est bien le meurtre du p&#232;re qui se donne ici &#224; entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La symbolique des inondations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les eaux et les inondations ont &#224; cet &#233;gard une repr&#233;sentation bien pr&#233;cise dans l'inconscient. Il suffit d'ouvrir &#034; L'Interpr&#233;tation des r&#234;ves &#034; de Freud, &#233;crit rappelons-le en 1900, pour tomber sur la seule repr&#233;sentation imag&#233;e du Livre, hormis celui de l'appareil psychique. C'est justement une s&#233;rie de dessins repr&#233;sentant l'inondation de toute une ville, par un petit gar&#231;on qui est tout simplement en train de &#034; faire pipi au lit &#034;, comme on dit, alors qu'il r&#234;ve. Ce d&#233;sir du r&#234;ve, cette symbolique urinaire de l'inondation, on le sait depuis Freud, n'est autre que l'ambition. Laquelle ? Seul le Christ a r&#233;ussi &#224; marcher sur l'eau ! Devant notre incompr&#233;hension, notre anxi&#233;t&#233; ou notre angoisse devant les inondations, c'est simplement notre folle ambition, la folle ambition de la civilisation de la science qui fait retour et qui nous regarde en face : l'ambition de se substituer &#224; la loi symbolique primordiale, en tant qu'elle donne la vie et la mort, en tant que sa compr&#233;hension nous permet tout &#224; la fois de s&#233;parer et de lier, harmonieusement, ce qui ne veut pas dire sans douleur, la vie et la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La loi du Talion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inconscient est, &#224; cet &#233;gard, intraitable. L'inconscient, c'est-&#224;-dire le lieu de notre rapport &#224; la loi, &#224; la Loi de la Nomination, nous renvoie notre message sous forme invers&#233;e : &#034; Tu as voulu pisser sur Dieu, Dieu te pisses dessus ! &#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut comprendre, quand m&#234;me, ce que cela veut dire la loi du Talion. Elle n'est pas &#224; entendre au pied de la lettre, &#034; &#339;il pour &#339;il, dent pour dent &#034;, mais bien &#224; comprendre comme ceci : ce que l'Inconscient, c'est-&#224;-dire le lieu de notre rapport &#224; la loi symbolique, nous renvoie, c'est notre propre message, notre propre d&#233;sir refoul&#233;, sous une forme invers&#233;e. C'est uniquement cela, que &#199;a veut dire, &#034; &#339;il pour &#339;il, dent pour dent &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. G&#233;rard Haddad, L'Enfant ill&#233;gitime, Descl&#233;e de Brouwer, Paris, 1996, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est &#224; entendre symboliquement et non d'une fa&#231;on purement imaginaire ou narcissique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre incapacit&#233; &#224; comprendre - c'est-&#224;-dire &#224; &#034; advenir &#224; &#034; -, ces catastrophes dites &#034; naturelles &#034;, est simplement notre inhibition, notre angoisse, notre anxi&#233;t&#233; ou, tout simplement notre &#034; grand embarras &#034; comme aimait &#224; le dire J. Lacan, devant ce qui fait retour, grand embarras devant ce message qui nous revient sous une forme invers&#233;e : &#034; Vous avez piss&#233;s sur la Loi, c'est maintenant la Loi qui vous pisse dessus ! &#034;. Au &#034; Nul n'est cens&#233; ignor&#233; la loi &#034; de la loi juridique consciente, r&#233;pond dans l'inconscient, que nul n'&#233;chappe &#224; sa propre confrontation &#224; la loi symbolique de la parole, c'est-&#224;-dire de la nomination, du Verbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cas clinique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je conclurai juste par petit un cas clinique que je suis autoris&#233; &#224; communiquer. Celui d'un gar&#231;on qui se rappelle qu'&#226;g&#233; de six ans, un jour de mois de juin, il rentrait de l'&#233;cole avec un ami et, alors qu'ils s'appr&#234;taient tous les deux &#224; se rendre au cat&#233;chisme, ils &#233;taient tomb&#233;s sur une &#034; bouteille vide &#034;, remplie d'un liquide jaune. Il faisait tr&#232;s chaud, ils avaient tr&#232;s soifs et cette bouteille les regardait fixement. &#192; qui &#233;tait-elle ? &#192; un clochard, qui l'aurait abandonn&#233; l&#224; ? &#192; un de leur prochain, qui lui aussi aurait eu soif, mais aurait oubli&#233; cette bouteille, comptant peut-&#234;tre revenir la chercher, qui sait ? Tous les sc&#233;narios possibles d&#233;filaient dans leurs t&#234;tes. Et puis surtout, cette seconde question : qu'y avait-il dedans ?, du jus d'orange, capable de d&#233;salt&#233;rer et de procurer tout en m&#234;me temps, un plaisir intense ? Bref, fallait-il la boire cette bouteille ? Cette question, bien qu'elle se pos&#226;t en un &#233;clair, se posa avec insistance. Ils l'ont bu ! Ils l'ont bu et &#034; un fou rire terrible &#034; les a pris. Pourtant sur le divan, le r&#233;cit de l'anecdote semblait laisser perplexe. Soudain, le patient me dit : &#034; On a bu la pisse de Dieu ! &#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, Introduction &#224; la psychanalyse, [1916-1917], Payot, Paris, 1961, p. 266.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S&#233;minaire de 1964 : Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, S&#233;minaire XI, Seuil, Paris 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Angoisse, S&#233;minaire 1962-1963, Le&#231;on XIX du 22 mai 1963, In&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. S. Freud, Le Mot d'esprit et sa relation &#224; l'inconscient, [1905].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Lacan, &#034; Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse &#034;, &#201;crits, Seuil, 1966, p. 177.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034; Des maires sinistr&#233;s du Gard portent plainte contre X &#034;, Lib&#233;ration 24/09/02.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Lacan, &#034; Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse &#034;, &#201;crits, Seuil, 1966, p. 177.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. G&#233;rard Haddad, L'Enfant ill&#233;gitime, Descl&#233;e de Brouwer, Paris, 1996, p. 232 et suiv.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur &#338;dipe et son Complexe...</title>
		<link>https://www.psychanalyste-paris.com/article.html</link>
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		<dc:date>2002-08-05T08:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Psychanalyse des contes et l&#233;gendes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Lorsque l'on entame une analyse, ou que l'on envisage de le faire, il est n&#233;cessaire de se d&#233;faire d'un certain nombre d'id&#233;es re&#231;ues sur la psychanalyse en g&#233;n&#233;ral, et le savoir du psychanalyste en particulier, au premier rang desquelles se trouve ce que l'on croit conna&#238;tre de la signification du complexe d'&#338;dipe. C'est pour cette raison qu'il est toujours b&#233;n&#233;fique d'en revenir, &#224; la lettre, &#224; la l&#233;gende &#339;dipienne, dont nous apprendrons avec surprise, que le personnage central n'est pas tant &#338;dipe lui-m&#234;me, que l'Inconscient et son &#201;nigme.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/-Billets-d-humeur-.html" rel="directory"&gt;&#201;ditos et billets d'humeur&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/+-Psychanalyse-des-contes-d-enfants-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse des contes et l&#233;gendes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton55-a027e.gif?1757670364' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ioh ! g&#233;n&#233;rations humaines, comme votre vie ne compte pour rien ! Quel homme, quel homme n'a pour plus grand bonheur que l'apparence du bonheur puis cette apparence m&#234;me s'en va. Je pense devant ton sort, ton sort &#224; toi, pauvre &#338;dipe, que chez les hommes rien n'est enviable. Il visa le plus haut possible et obtint la chance d'un bonheur total. Il d&#233;truisit, &#244; Zeus, la proph&#233;tesse aux ongles courbes et se leva, rempart du pays contre la mort. Alors tu fus notre roi, tu re&#231;us les plus grands honneurs, tu fus ma&#238;tre de Th&#232;bes la grande. Et maintenant, qui est plus &#233;prouv&#233; ? qui conna&#238;t de pires peines, de pires mal&#233;dictions dans pareil retournement ? Ioh ! illustre &#338;dipe, ch&#232;re t&#234;te, le m&#234;me grand havre nuptial a suffi au fils comme au p&#232;re. Comment, comment les sillons de ton p&#232;re ont-ils pu, malheureux ! te supporter en silence si longtemps ? Le temps qui voit tout t'a trouv&#233; malgr&#233; toi. Il condamne le mariage qui n'est pas mariage, l'engendreur qui est l'engendr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ioh ! fils de La&#239;os, si seulement, si seulement je ne t'avais pas connu ! Je g&#233;mis, mon cri strident monte de ma bouche. C'est par toi, &#224; vrai dire, que j'ai repris respiration et aussi que se ferment mes yeux. &#187; (SOPHOCLE, &#338;dipe Roi, Le Ch&#339;ur, 1186-1221, p. 699).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'on entame une analyse, ou que l'on envisage de le faire, il est n&#233;cessaire de se d&#233;faire d'un certain nombre d'id&#233;es re&#231;ues sur la psychanalyse en g&#233;n&#233;ral, et le savoir du psychanalyste en particulier, au premier rang desquelles se trouve ce que l'on croit conna&#238;tre de la signification du complexe d'&#338;dipe. C'est pour cette raison qu'il est toujours b&#233;n&#233;fique d'en revenir, &#224; la lettre, &#224; la l&#233;gende &#339;dipienne, dont nous apprendrons avec surprise, que le personnage central n'est pas tant &#338;dipe lui-m&#234;me, que l'Inconscient et son &#201;nigme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chacun d'entre nous, en effet, m&#234;me s'il ne conna&#238;t pas le mythe d'&#338;dipe, ou s'il n'en a qu'une vague id&#233;e, semble n&#233;anmoins capable de r&#233;pondre &#224; cette question : qu'est-ce que le complexe d'&#338;dipe ? &#192; premi&#232;re vue, la r&#233;ponse para&#238;t facile et le raisonnement &#233;l&#233;mentaire : comme &#338;dipe a tu&#233; son p&#232;re et couch&#233; avec sa m&#232;re, le complexe d'&#338;dipe se manifeste lorsque l'on souhaite tuer son p&#232;re et coucher avec sa m&#232;re ! C'est possible, mais disons pour l'instant que nous n'en savons rien, et que, ce que l'on sait en revanche, c'est que si c'est bien cela, si &#338;dipe a effectivement tu&#233; son p&#232;re et &#233;pous&#233; sa m&#232;re, c'est justement parce qu'il ne le voulait pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement en voulant l'&#233;viter, qu'il y r&#233;ussit. Autrement dit, le complexe d'&#338;dipe est d'abord et avant tout, inconscient. Et c'est justement afin de redonner toute sa vigueur &#224; cette hypoth&#232;se fondamentale, que Freud entreprend en 1923, de la reformuler &#224; l'aide de sa deuxi&#232;me topique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; [...] La formation de la conscience morale est intimement li&#233;e au complexe d'&#338;dipe qui appartient &#224; l'inconscient. Si l'on voulait soutenir ce paradoxe que l'homme moral n'est pas seulement beaucoup plus immoral qu'il ne le croit mais aussi beaucoup plus moral qu'il ne le sait, la psychanalyse dont les donn&#233;es fondent la premi&#232;re partie de cette affirmation, n'aurait rien non plus &#224; objecter &#224; la seconde partie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la &#171; conscience morale &#187; dont parle Freud, est une &#171; conscience &#187; qui hante les lieux du refoul&#233; et est issue du complexe d'&#338;dipe qui l'habite, c'est ce que Freud nous pr&#233;cise en note de bas de page :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette proposition n'est qu'apparemment un paradoxe. Elle signifie que la nature de l'homme d&#233;borde largement, dans le bien comme dans le mal, ce qu'il croit sur lui-m&#234;me, c'est-&#224;-dire ce qui est connu de son moi par la perception de la conscience. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, &#034; Le Moi et le &#199;a &#034;, [1923], Essais de psychanalyse, Payot, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, lorsque l'on s'engage dans l'analyse, ou que l'on souhaite le faire, ce n'est pas tant la r&#233;ponse &#224; la question &#171; qu'est-ce que le complexe d'&#338;dipe ? &#187; qui compte, mais bien la question elle-m&#234;me, et ce, bien au-del&#224; de la r&#233;sistance et du refoulement qui se manifeste dans une r&#233;ponse toute faite. C'est justement pour que le patient r&#233;ussisse &#224; d&#233;passer &#171; ce qu'il croit sur lui-m&#234;me &#187; et se hisser au niveau de sa propre question - pour qu'il r&#233;ussisse &#224; entendre sa propre &#233;nigme -, que le psychanalyste est l&#224;, et il est uniquement l&#224; pour &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si &#338;dipe subit un si triste sort, c'est justement parce qu'il r&#233;pond un peu trop vite &#224; une devinette : devinette que l'on peut du reste formuler simplement de la fa&#231;on suivante : &#171; Qu'est-ce que l'homme ? &#187;. En r&#233;pondant un peu trop vite &#224; cette petite devinette, &#224; cette &#233;nigme, &#338;dipe entre de plain-pied, si l'on peut dire, dans le complexe qui porte son nom. La l&#233;gende d'&#338;dipe est donc avant tout l&#224;, pour nous faire entendre que c'est lorsque l'on croit savoir, qu'il faut justement se m&#233;fier ! C'est lorsque l'on sait d&#233;j&#224; ce que signifie le complexe d'&#338;dipe, que nous avons le plus de chance d'y &#234;tre emp&#234;tr&#233;. &#201;coutons plut&#244;t, la c&#233;l&#232;bre l&#233;gende qui raconte comment, c'est justement lorsque le moi se croit &#171; le ma&#238;tre chez lui &#187; qu'il se m&#233;prend le plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La l&#233;gende d'&#338;dipe : le meurtre du p&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pi&#232;ce de Sophocle, un oracle aurait averti la m&#232;re d'&#338;dipe, Jocaste, que l'enfant qu'elle portait tuerait son p&#232;re. Selon Eschyle ou Euripide, au contraire, c'est &#224; La&#239;os que s'adressait l'oracle, lui pr&#233;disant que s'il engendrait un fils, celui-ci le tuerait. La&#239;os outrepassant l'interdit, expose cependant son fils &#338;dipe d&#232;s sa naissance, afin d'&#233;chapper &#224; son destin. Lui per&#231;ant les chevilles, pour les attacher avec une courroie, il charge son serviteur de le conduire sur le mont Cith&#233;ron, aupr&#232;s de Th&#232;bes. Des bergers corinthiens qui passaient par l&#224;, faisant pa&#238;tre leurs troupeaux dans la r&#233;gion, le recueille, et, sachant leur roi Polybos d&#233;sireux d'avoir un enfant, lui apporte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons au passage, que c'est de l'enflure caus&#233;e par la blessure que lui infligea son p&#232;re aux chevilles, qui valut &#224; &#338;dipe son nom qui, litt&#233;ralement, veut dire : Pied enfl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'enfance d'&#338;dipe se passe sans heurt, c'est au sortir de son adolescence qu'il en vient &#224; se quereller avec un Corinthien qui, pour l'insulter, lui r&#233;v&#232;le qu'il est un enfant adopt&#233;. Dans le doute, &#338;dipe s'enfuit &#224; Delphes, interroger l'oracle afin de d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233;. Pour toute r&#233;ponse, il obtient de l'oracle qu'il tuerait son p&#232;re et &#233;pouserait sa m&#232;re. Affol&#233; et croyant que Polybos &#233;tait effectivement son p&#232;re, &#338;dipe d&#233;cide en revenant de Delphes, d'emprunter le chemin de Th&#232;bes afin de s'exiler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; au &#171; Carrefour &#187; dit de M&#233;gas, il rencontre La&#239;os, qui charge Polymont&#232;s d'ordonner &#224; &#338;dipe de leur laisser le passage. Ne se pressant pas d'ob&#233;ir, Polymont&#232;s sur ordre du roi, tue un des chevaux d'&#338;dipe qui, de col&#232;re, tue Polymont&#232;s et La&#239;os. Il avait ainsi accompli, &#224; son insu, le premier versant de l'oracle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La l&#233;gende d'&#338;dipe : l'inceste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuant son chemin, &#338;dipe arrive &#224; Th&#232;bes, o&#249; il rencontre la Sphinge. Ce monstre, pour moiti&#233; lion, pour moiti&#233; femme, posait des &#233;nigmes aux passants et d&#233;vorait tout bonnement ceux qui ne pouvaient lui r&#233;pondre. Il posait notamment cette &#233;nigme devenue c&#233;l&#232;bre : &#171; Quel est l'&#234;tre qui marche tant&#244;t &#224; deux pattes, tant&#244;t &#224; trois, tant&#244;t &#224; quatre, et qui, contrairement &#224; la loi g&#233;n&#233;rale, est le plus faible quand il a le plus de pattes ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme &#187;, r&#233;pond &#338;dipe, parce que c'est l'homme qui, dans son enfance, marche d'abord &#224; quatre pattes, puis sur ses deux jambes, avant de s'appuyer sur un b&#226;ton dans sa vieillesse. Cependant, aucun Th&#233;bain n'avait jamais pu r&#233;soudre cette &#233;nigme, et le Sphinx les d&#233;vorait les uns apr&#232;s les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul &#338;dipe vit tout de suite quelle &#233;tait la r&#233;ponse, et le monstre, de d&#233;pit dit-on, se pr&#233;cipita du haut du rocher sur lequel il &#233;tait perch&#233; ou, selon d'autres versions, &#338;dipe lui-m&#234;me le poussa dans le pr&#233;cipice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, c'est-&#224;-dire en tuant le Sphinx et en d&#233;livrant Th&#232;bes du monstre, les Th&#233;bains donn&#232;rent &#224; &#338;dipe, en signe de reconnaissance, la veuve de La&#239;os en mariage et le prirent pour roi. Il &#233;pousait donc sa propre m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, c'est en r&#233;pondant &#224; l'&#233;nigme, qu'&#338;dipe r&#233;alise le complexe qui porte son nom. En effet, avant d'avoir r&#233;pondu &#224; l'&#233;nigme, non seulement &#338;dipe n'avait pas encore &#233;pous&#233; sa propre m&#232;re, mais surtout, il ne savait pas, ni qui &#233;tait son &#233;pouse, ni qu'il avait tu&#233; son propre p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne pouvait pas le savoir et, d'ailleurs, nul ne pouvait le savoir, justement parce que la Sphinge &#233;tait l&#224; pour emp&#234;cher les Th&#233;bains de r&#233;soudre le meurtre de La&#239;os et de confondre le meurtrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car &#338;dipe trouve bien entendu &#233;nigmatique que le meurtre du roi de Th&#232;bes, La&#239;os, soit demeur&#233; impuni, et il s'en &#233;tonne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand une royaut&#233; tombait ainsi, quels malheurs pouvaient emp&#234;cher d'&#233;claircir &#224; fond l'affaire ? &#187; demande-t-il &#224; Cr&#233;on, le fr&#232;re de Jocaste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sur quoi, Cr&#233;on lui r&#233;pond : &#171; La Sphinx avec ses chants artificieux nous obligea &#224; regarder devant nous sans sonder de myst&#232;res &#187; (Sophocle, &#338;dipe Roi, 130).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;pondant &#224; l'&#233;nigme et en d&#233;barrassant Th&#232;bes de la Sphinge, &#338;dipe fait d'une pierre deux coups : il &#233;pouse sa m&#232;re et peut &#233;lucider le meurtre de La&#239;os, r&#233;alisant qu'il est le meurtrier de son propre p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien en r&#233;pondant, un peu trop facilement &#224; une devinette, qu'il entre &#224; son insu dans le complexe qui porte son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire, il s'en vante en prenant Tir&#233;sias &#224; parti :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pourquoi quand la chienne chanteuse &#233;tait l&#224; n'as-tu rien trouv&#233; pour d&#233;livrer les citoyens ? Ce n'&#233;tait pas au premier venu d'expliquer l'&#233;nigme, il y fallait de la divination. Tu n'as gu&#232;re paru en &#234;tre dou&#233; par les oiseaux ni par r&#233;v&#233;lation divine. Et moi &#338;dipe, venu sans rien savoir, je l'ai fait taire par ma force d'esprit, sans recourir aux pr&#233;sages. [...] Si je ne te voyais si vieux tu apprendrais &#224; tes d&#233;pens ce que vaut ta science &#187;, (Sophocle, &#338;dipe Roi , 391).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si chacun se fait fort d'&#234;tre averti de ce qu'est le complexe d'&#338;dipe, d'une part, et du r&#244;le de la sexualit&#233; dans l'&#233;tiologie des n&#233;vroses, de l'autre, on oublie ce faisant la v&#233;ritable singularit&#233; de la d&#233;couverte freudienne et de la psychanalyse, le complexe d'&#338;dipe se pr&#233;sentant alors sous un aspect on ne peut plus grand-guignolesque. Car ce qui est fondamental dans la d&#233;couverte freudienne, mais il sera toujours n&#233;cessaire semble-t-il de le rappeler avec Freud, c'est l'Inconscient. Ce qu'il faut arriver &#224; entendre et accepter, c'est que le complexe d'&#338;dipe &#171; appartient &#224; l'inconscient &#187; et n'existe nulle part ailleurs que sur cette autre sc&#232;ne qu'est l'inconscient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &#034; Le Moi et le &#199;a &#034;, [1923], Essais de psychanalyse, Payot, Paris, 1981, p 267.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le &#199;a : Vu &#224; la T&#233;l&#233; !</title>
		<link>https://www.psychanalyste-paris.com/Le-Ca-Vu-a-la-Tele.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.psychanalyste-paris.com/Le-Ca-Vu-a-la-Tele.html</guid>
		<dc:date>2002-05-20T08:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Sigmund Freud</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Lacan</dc:subject>
		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#034;&#199;a se discute&#034; (France 2), &#034;Combien &#199;a co&#251;te&#034; (TF1), &#034;&#199;(a)'est mon choix&#034; (France 3), &#034;&#199;a va se savoir&#034; (RTL9), &#034;&#201;coute moi &#199;a&#034; (Canal Jimmy), &#034;Faut que &#199;a saute&#034; (TV5), &#034;Silence, &#199;a pousse&#034; (TV5), &#034;Comment &#199;a marche&#034; (I - t&#233;l&#233;vision)... &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne compte plus, comme on dit, les &#233;missions de t&#233;l&#233;vision, que ce soit sur les cha&#238;nes hertziennes ou sur le c&#226;ble, utilisant le pronom d&#233;monstratif &#034;&#199;a&#034; dans leur titre.&lt;br&gt;
Bien entendu, le titre de ces &#233;missions ne fait pas explicitement r&#233;f&#233;rence au concept fondamental de la seconde topique freudienne, mais bien plut&#244;t, &#224; un sens commun cens&#233; &#234;tre partag&#233; par tous les t&#233;l&#233;spectateurs.&lt;br&gt;
N&#233;anmoins, le large succ&#232;s de ces &#233;missions (du moins pour les premi&#232;res ici cit&#233;es), ne serait-il pas d&#251; en grande partie, aux ressorts inconscients qu'elles expriment et qu'elles stimulent chez les t&#233;l&#233;spectateurs ? Le large succ&#232;s de ces &#233;missions ne serait-il pas d&#251; au fait qu'elles font justement appel au &#034;&#199;a&#034; tel que le d&#233;finit la psychanalyse ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/-Billets-d-humeur-.html" rel="directory"&gt;&#201;ditos et billets d'humeur&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/+-Sigmund-Freud-+.html" rel="tag"&gt;Sigmund Freud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/+-Jacques-Lacan-+.html" rel="tag"&gt;Jacques Lacan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.psychanalyste-paris.com/+-Psychanalyse-+.html" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton53-515d7.gif?1757670364' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour le sens commun, &#034;&#231;a&#034; est la condensation d'un pronom d&#233;monstratif, &#034;cela&#034; qui exprime par abr&#233;viation, le ratage du sujet ou de l'objet qu'il &#233;tait, &#224; l'origine, cens&#233; d&#233;signer. Pour la psychanalyse, le &#034;&#199;a&#034; est le lieu des pulsions. Selon le petit Robert, la pulsion se d&#233;finit quant &#224; elle comme une &#034;pouss&#233;e&#034;. Plus pr&#233;cis&#233;ment, le terme est &#233;tymologiquement issu du latin &#034;impulsio&#034; qui veut dire &#034;pouss&#233;e vers&#034;. C'est donc une action (&#034;pouss&#233;e&#034;), associ&#233;e &#224; une direction (&#034;vers&#034;) qui, par m&#233;tonymie (d&#233;placement), en vient &#224; signifier &#034;ce qui pousse&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d'autres termes, avec le &#199;a et la pulsion, nous sommes directement introduit au c&#339;ur d'une confusion majeure : la confusion entre le sujet et l'objet, c'est-&#224;-dire que nous sommes d'embl&#233;e au c&#339;ur de la d&#233;finition du fantasme, telle que nous la donne la psychanalyse. Et il est n&#233;cessaire de souligner qu'il est exceptionnel que le sens attribu&#233; &#224; un mot par la psychanalyse, recouvre celui que lui donne le sens commun. Le terme d'inconscient, par exemple, ne signifie pas la m&#234;me chose au sens courant qu'au strict sens psychanalytique. Au sens courant, l'on pourra dire que ce qui est inconscient est ce qui n'est pas connu de la conscience, comme la langue chinoise, par exemple, que je ne connais personnellement pas : elle m'est in-consciente, si l'on peut dire. Cet inconscient, au sens courant, ne se laisse nullement confondre avec l'inconscient de la psychanalyse qui renvoie essentiellement au caract&#232;re dynamique de la libido et du refoulement. En d&#233;finitive, le &#199;a et le concept de pulsion sont pratiquement les seuls concepts pour lesquels d&#233;finition commune et d&#233;finition psychanalytique co&#239;ncident en tous points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons tout de m&#234;me la dynamique particuli&#232;re que la psychanalyse attribue au &#199;a (lieu des pulsions) et &#224; la pulsion elle-m&#234;me. Ent&#233;rin&#233; par Jacques Lacan comme l'un des quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse (S&#233;minaire 1964, Livre XI, Seuil, Paris, 1973), S. Freud en donne d&#232;s 1915, une d&#233;finition plus pr&#233;cise (S. Freud, &#034;Pulsions et destins des pulsions&#034;, dans M&#233;tapsychologie, Gallimard, coll. &#034;folio-Essais&#034;), d&#233;composant la pulsion en quatre termes essentiels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une pouss&#233;e,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un but,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un objet,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, S. Freud attribue quatre destins aux pulsions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le renversement dans le contraire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le retournement sur la personne propre,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le refoulement,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la sublimation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans pr&#233;juger de l'int&#233;r&#234;t purement informatif que peuvent pr&#233;senter les &#233;missions de t&#233;l&#233;vision ci-dessus cit&#233;es, il est peut-&#234;tre int&#233;ressant de les passer &#224; la moulinette de cette grille de lecture que nous propose S. Freud et sa m&#233;thode psychanaytique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y a-t-il a une pouss&#233;e &#224; regarder de telles &#233;missions ? &#192; n'en pas douter ! Ne serait-ce que parce qu'il n'y a rien d'autre &#224; regarder, justement. Y a-t-il un but ? Le but est ind&#233;niablement l'obtention d'une satisfaction, le plaisir de regarder. Y a-t-il un objet ? L'image renvoy&#233;e par la t&#233;l&#233;vision. Enfin, y a-t-il une source ? L'&#339;il, sans aucun doute ! Ce que M6 a parfaitement bien compris au travers du logo de &#034;Loft story&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quels peuvent bien &#234;tre les destins d'une telle pulsion ? Le renversement dans le contraire ? Certes, alors que je pensais pouvoir me reposer et regarder tranquillement un sujet qui m'int&#233;resse &#224; la t&#233;l&#233;vision, ne voil&#224;-t-il pas que je m'&#233;nerve et que je commence &#224; zapper ? Le retournement sur la personne propre ? Bien s&#251;r, alors que je souhaitais voir et entendre les autres, n'ai-je pas tout &#224; coup envie de bondir moi-m&#234;me sur le plateau afin de m'exhiber et de faire entendre ma propre mani&#232;re de voir les choses ? Le refoulement ? Ind&#233;niablement, il m'arrive parfois de m'endormir devant l'&#233;mission... La sublimation ? La preuve : j'en fais un &#233;ditorial le lendemain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de l'int&#233;r&#234;t purement conscient et informatif que l'on peut retirer de ces &#233;missions, d'un point de vue strictement inconscient, il est ind&#233;niable qu'elles stimulent et d&#233;cha&#238;nent (c'est le cas de le dire) nos pulsions, c'est-&#224;-dire le &#199;a qu'il nous a fallu refouler toute la journ&#233;e. Lui donne-t-elle, pour autant, un sens ? Non, car le &#199;a &#233;tant par d&#233;finition inconscient, le sens conscient qu'elles pensent nous donner, nous est finalement de peu d'int&#233;r&#234;t pour v&#233;ritablement comprendre nos pulsions inconscientes, qu'elles semblent bien plut&#244;t reproduire &#224; l'identique, ces &#233;missions apparaissant elles-m&#234;mes comme extr&#234;mement mouvement&#233;es. Nous sommes aux antipodes de l'interpr&#233;tation analytique qui, elle, est primordiale, dans la mesure o&#249; elle est, avant tout, coupure signifiante. C'est-&#224;-dire qu'elle fait &#224; la fois coupure et, donne &#224; la fois du sens &#224; ce qui n'en avait pas jusque-l&#224; : le &#199;a. Elle donne du sens au &#199;a. Car il est bon de rappeler que, parmi les trois types de r&#233;sistances inconscientes que l'on peut classer selon les instances qui les stimulent (&#199;a, Moi, Surmoi), et que l'on rencontre dans l'inconscient, la r&#233;sistance due au &#199;a est, sans aucun doute, la pire : c'est la r&#233;p&#233;tition. Car le &#199;a r&#233;siste sans cesse &#224; la coupure, en r&#233;p&#233;tant la m&#234;me chose, les m&#234;mes pulsions, alors m&#234;me que la satisfaction n'est que partielle et la pl&#233;nitude jamais atteinte. Bien s&#251;r, nous sommes tous tent&#233;s de dire : il faut que &#199;a cesse... Que &#199;a s'arr&#234;te... &#201;teint-moi &#199;a... Mais, g&#233;n&#233;ralement, rien n'y fait ! Et l'on continu de regarder le &#199;a : vu &#224; et par la t&#233;l&#233;. Essayons plut&#244;t de nous rappeler que le terme sanscrit &#034;Nirvana&#034; peut se traduire en fran&#231;ais par &#034;Extinction&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Marseillaise : Champ oedipien ?</title>
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		<dc:date>2002-05-13T08:47:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe BORMANS</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Psychanalyse des contes et l&#233;gendes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Les sifflets du public &#224; l'encontre de l'hymne national fran&#231;ais, le samedi 11 mai 2002, lors de la finale de la coupe de France de football, au stade de France, appellent une interpr&#233;tation psychanalytique de la Marseillaise. Bien au-del&#224; des d&#233;bats et des conflits politiques conscients, la Marseillaise exprime d'abord et avant tout, le conflit n&#233;vrotique inconscient par excellence : le conflit &#339;dipien. Pour le comprendre, il suffit d'expliquer qu'elle exprime tout &#224; la fois le &#199;a, lieu des pulsions &#339;dipiennes, et le Surmoi, qui tend &#224; r&#233;fr&#233;ner ces m&#234;mes pulsions &#187; (C. Bormans, &lt;i&gt;La Marseillaise : Champ &#339;dipien ?&lt;/i&gt;, Psychanalyse-paris.com).&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.psychanalyste-paris.com/local/cache-vignettes/L100xH100/arton52-613de.gif?1757670364' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'hymne de la R&#233;publique fran&#231;aise est en lui-m&#234;me un chant hautement conflictuel, en ce qu'il semble tout autant combattre, qu'exalter nos pulsions &#339;dipiennes inconscientes.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s la premi&#232;re phrase, en effet, la Marseillaise se situe d'embl&#233;e dans un imp&#233;ratif infantile. Elle ne s'adresse pas aux adultes, bien au contraire. Elle adresse un imp&#233;ratif aux enfants et, qui plus est, aux enfants issus d'un m&#234;me P&#232;re : &#034;Allons enfants de la Patrie&#034;. Cet imp&#233;ratif, nous l'apprenons d&#232;s le deuxi&#232;me vers, est des plus ambitieux : &#034;le jour de gloire est arriv&#233;&#034;. L'imp&#233;ratif infantile est donc une ambition, c'est-&#224;-dire un d&#233;sir. Les deux premiers vers de la Marseillaise nous plongent par cons&#233;quent d'embl&#233;e dans le d&#233;sir infantile d'enfants issus d'un m&#234;me p&#232;re. Quel est ce d&#233;sir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;sir va &#224; l'encontre d'un tyran : &#034;contre nous de la tyrannie&#034;. C'est-&#224;-dire qu'il va &#224; l'encontre d'un &#034;ma&#238;tre&#034; qui s'emparerait du pouvoir par la force. C'est bien l&#224; l'image du p&#232;re imaginaire de l'enfant &#339;dipien, qui voit dans le p&#232;re un usurpateur de ce qu'il consid&#232;re comme son propre bien : la m&#232;re. Dans la clinique, le n&#233;vros&#233; obsessionnel (g&#233;n&#233;ralement un homme) est rempli de ranc&#339;ur &#224; l'&#233;gard d'un tel personnage, qui n'est &#224; sa place que parce qu'il est plus fort (c'est-&#224;-dire adulte), alors que l'enfant commence alors &#224; se ressentir comme faible et ch&#233;tif, ce qui nourrira par la suite son narcissisme et son ambition &#339;dipienne justement, si le conflit n'est pas r&#233;solu de mani&#232;re satisfaisante. L'enfant a tendance &#224; se rem&#233;morer cette &#233;poque comme un esclavage, esclavage auquel fait d'ailleurs tr&#232;s clairement allusion la deuxi&#232;me strophe de la marseillaise de Rouget de Lisle : &#034;C'est nous qu'on ose m&#233;diter de rendre &#224; l'antique esclavage !&#034;. Le p&#232;re est d'autant plus ressenti comme un usurpateur, qu'il poss&#232;de la m&#232;re avec une arme que l'enfant, lui, ne poss&#232;de pas encore : il la poss&#232;de sexuellement. C'est ce que le quatri&#232;me vers exprime tr&#232;s clairement : &#034;L'&#233;tendard sanglant est lev&#233;&#034;. L' &#034;&#233;-tend-dard&#034; ( le &#034;dard tendu&#034;), est ici le symbole du phallus du p&#232;re, tandis que le sang est celui du vagin de la m&#232;re. L'usurpation de la m&#232;re est donc totale et, il ne reste plus &#224; Rouget de Lisle, qu'&#224; d&#233;crire la sc&#232;ne primitive, durant laquelle le p&#232;re va justement s'emparer de la m&#232;re, devant l'enfant muet, partie prenante de la sc&#232;ne. C'est l'enjeu de la seconde strophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'embl&#233;e, le fantasme est soulign&#233; par le caract&#232;re interrogatif et suggestif du premier vers : &#034;Entendez-vous dans les campagnes ?&#034;. Afin de se convaincre de l'existence d'une telle sc&#232;ne primitive, deux sens sont essentiellement mis &#224; contribution : l'ou&#239;e et la vue. Si l'ou&#239;e est clairement appel&#233;e par le verbe &#034;entendre&#034;, la campagne est, quant &#224; elle et litt&#233;ralement, une vaste &#233;tendue de pays &#224; d&#233;couvert, c'est-&#224;-dire un lieu o&#249; rien n'&#233;chappe au regard. Car qu'est-ce que la sc&#232;ne primitive ? C'est, tout simplement, la sc&#232;ne de jouissance entre les parents auquel l'enfant assiste de mani&#232;re muette (cf. l'homme aux loups dans les cinq). Celle-ci est particuli&#232;rement bien condens&#233;e par le second vers de la deuxi&#232;me strophe : &#034;Mugir ses f&#233;roces soldats&#034;. La condensation &#034;Mu-gir&#034; exprime particuli&#232;rement bien la jouissance et le mutisme : &#034;Mu-jouir&#034;. Le caract&#232;re de &#034;d&#233;j&#224;-l&#224;&#034; (ou de &#034;d&#233;j&#224;-vu&#034;) de l'enfant du fantasme, qui nie par l&#224; m&#234;me son ex-sistence, est exprim&#233; par le troisi&#232;me vers : &#034;Ils viennent jusque dans nos bras&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'&#233;vocation du d&#233;sir meurtrier &#224; l'endroit du p&#232;re et du fantasme de la sc&#232;ne primitive, ne manque plus que le troisi&#232;me ressort de l'&#338;dipe : le complexe de castration. Sur le m&#234;me mode qu'Ouranos ou Saturne d&#233;vorant ses propres enfants dans les mythologies grecque ou romaine, le Tyran de la Marseillaise est sens&#233;, lui aussi, &#233;gorger les enfants : &#034;&#201;gorger nos fils, nos compagnes !&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l&#224; que va se produire, justement, l'appel au refrain qui, rappelons-le, veut dire mot &#224; mot : que l'on ne peut r&#233;fr&#233;ner. Que ne peut-on, en effet, contenir ou r&#233;primer ? Il faut refouler l'intol&#233;rable, ce fantasme, cette repr&#233;sentation que l'on trouve dans l'Inconscient et si difficilement surmontable, mais &#244; combien superbement mis en &#233;vidence par Freud tout au long de son &#339;uvre : celui de la castration de la m&#232;re : &#034;&#201;gorger nos fils, nos compagnes !&#034;. C'est devant une telle repr&#233;sentation rigoureusement intol&#233;rable, et justement pour s'en d&#233;fendre, que la citoyennet&#233; est appel&#233;e : &#034;Aux armes, Citoyens ! Formez vos bataillons !&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas qu'une telle repr&#233;sentation signifiante est &#224; double tranchant : elle reproduit ce qu'elle d&#233;nonce. La Marseillaise est une marche ininterrompue (&#034;Marchons, marchons&#034;) vers l'inceste qu'elle reproduit, alors qu'elle est cens&#233;e la d&#233;noncer. C'est du reste cette ambivalence, c'est-&#224;-dire ce conflit entre le &#199;a (abritant les pulsions &#339;dipiennes) et le Surmoi tyrannique (formation inconsciente visant &#224; refouler ces m&#234;mes pulsions, elle-m&#234;me issue de l'identification au P&#232;re imaginaire), que Lamartine met particuli&#232;rement bien en &#233;vidence lorsqu'il &#233;crit de l'hymne : &#034;Il fut le chant du patriotisme, mais il fut aussi l'impr&#233;cation de la fureur. Il conduisit nos soldats &#224; la fronti&#232;re, mais il accompagna nos victimes &#224; l'&#233;chafaud. Le m&#234;me fer d&#233;fend le c&#339;ur du pays dans la main du soldat et &#233;gorge les victimes dans la main du bourreau&#034; (Alphonse de Lamartine, L'Histoire des Girondins).&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la fameuse bande de m&#246;bius du fantasme &#339;dipien reliant sur une m&#234;me surface le meurtre du p&#232;re et la jouissance de la m&#232;re : &#034;Qu'un sang impur abreuve nos sillons&#034;. Le &#034;sang impur&#034; est, en effet, l'&#233;vocation de l'inceste, tandis que les sillons ne sont que les fentes pliss&#233;es de la terre-m&#232;re, c'est-&#224;-dire le sexe maternel, que le d&#233;sir de l'hymne est d'abreuver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, d'un point de vue strictement spirituel et conscient, la Marseillaise est bien un chant militaire, ou plus exactement un chant de guerre r&#233;volutionnaire, du point de vue de l'Inconscient (au sens freudien du terme), il repr&#233;sente ind&#233;niablement un hymne &#339;dipien. La Marseillaise nous plonge dans le meurtre du p&#232;re primitif par la horde des fr&#232;res, &#224; l'aube de la naissance de l'humanit&#233;, que S. Freud a merveilleusement d&#233;crit dans son &#034;Totem et tabou&#034; de 1913. La fraternit&#233; ne peut s'exprimer que par le meurtre du p&#232;re, qu'il conjure autant qu'il reproduit (&#034;Tremblez ! vos projets parricides vont enfin recevoir leurs prix !&#034;, 4&#232;me strophe). Il n'est pas anodin que ce soit lors de la finale de la coupe de France de football qu'elle ait &#233;t&#233; siffl&#233;e, obligeant ainsi le Pr&#233;sident, c'est-&#224;-dire le P&#232;re de la R&#233;publique, &#224; quitter le stade de France. Le football n'est autre que, mot &#224; mot, un sport que l'on &#034;joue au pied avec une balle gonfl&#233;e&#034;. &#192; cet &#233;gard, rappelons que le complexe d'&#338;dipe exprime la jouissance de celui qui a un &#339;d&#232;me au pied (&#338;dipe), c'est-&#224;-dire un pied gonfl&#233;. En d'autres termes, il para&#238;t incontournable, du point de vue de l'inconscient, que les pulsions &#339;dipiennes des &#034;spectateurs&#034; des matchs de football, sport &#339;dipien par excellence, soient d&#233;cupl&#233;es par les pulsions non moins &#339;dipiennes v&#233;hicul&#233;es par la Marseillaise, pouvant autant pousser le P&#232;re de la R&#233;publique &#224; acclamer l'&#233;quipe nationale lorsqu'elle devient championne du monde, que l'obliger &#224; quitter l'ar&#232;ne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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