Sciences humaines, Psychanalyse et Économie
« Je plains l’homme accablé du poids de son loisir » (Voltaire)
27 novembre 2006, par Christophe BORMANS« La notion de chômage ne fait son apparition que très tardivement dans le débat économique. En effet, il faut attendre le début du XXe siècle, pour qu’une véritable réflexion théorique s’organise autour de ce problème. La raison peut sembler cruelle, elle a cependant le mérite d’être simple : tant que la mort fait partie intégrante de la vie, la notion de chômage n’a aucune raison d’exister. En termes freudiens, l’on dirait qu’il faut attendre que les civilisations refoulent la mort, pour voir émerger la notion de chômage. Or, dans la pensée classique, rien de tel. Le raisonnement des économistes classiques ne laisse subsister aucune ambiguïté à cet égard. (...) D’ailleurs, le révérend T. R. Malthus ne mâche pas ses mots lorsque, dans la préface à la première édition de son célèbre Essai sur le principe de population, il déclare : “Un homme qui est né dans un monde déjà possédé, s’il ne peut obtenir de ses parents la subsistance qu’il peut justement lui demander, et si la société n’a pas besoin de son travail, n’a aucun droit de réclamer la plus petite portion de nourriture et, en fait, il est de trop au banquet de la nature ; il n’a pas de couvert vacant pour lui. Elle lui recommande de s’en aller et elle mettra elle-même promptement ses ordres à exécution.” » (Ch. Bormans, Échange et travail).
Sciences humaines, Psychanalyse et Économie
Auri Sacra Fames
3 octobre 2006, par Christophe BORMANS« La monnaie cristallise et, historiquement, émerge, de notre rapport à la mort, au désir et à la loi. Tant que ce rapport ne sera pas clarifié par les agents économiques, cette monnaie, cet argent plus ou moins liquide comme de la confiture, sera amassé dans un unique but, celui de se procurer une immortalité qui ne pourra être qu’illusoire et factice, et les pires conséquences en sont à craindre pour l’ensemble du système économique. C’est ce que précise l’un des plus ardents disciples et fidèles de J. M. Keynes, en rendant hommage à son article de 1937 :
“La possibilité d’un chômage massif général procède du rapport d’une institution humaine, celle de la monnaie, à la nature élémentaire de l’existence humaine, au voyage infini de l’être humain dans le vide du temps.” (G. L. S. Shackle) » (Ch. Bormans, Échange et monnaie).
Économie Politique et Anthropologie
« Se coltiner la misère... C’est entrer dans le discours qui la conditionne »
25 février 2004, par Christophe BORMANSLa notion d’« esclavage moderne », aboutit bien à son but en ce qu’elle sépare définitivement les conséquences négatives (portes ouvertes aux conditions dégradantes de mise au travail), de leurs causes (les recommandations faites aux États par les institutions internationales de ne pas respecter leur propre droit) ; mais ce faisant, il en va de même de « l’abolition de l’esclavage » tout comme de « l’éradication de la pauvreté » : comme le soulignait B. Lautier à propos de la seconde, elles ne peuvent pas « faire sens autrement que comme slogan » (Bruno LAUTIER, « Les malheureux sont les puissants de la terre... », Revue Tiers Monde, n° 142, p. 385).
Sciences Humaines
« Le Seigneur Dieu le fit sortir ensuite du jardin délicieux » (Gen. 3, 23)
24 septembre 2003, par Christophe BORMANS« Aussi l’économie politique n’est-elle pas une science de calcul, mais une science morale. Elle égare quand on croit se guider par des nombres ; elle ne mène au but que quand on apprécie les sentiments, les besoins et les passions des hommes » (Sismondi).
L’économie moderne néoclassique semble tirer sa légitimité de sa scientificité, à laquelle elle oppose volontiers la croyance et l’idéologie. Comme Alfred Marshall, le père fondateur de l’économie néoclassique anglo-saxonne, le soulignait (...)
Économie et sciences humaines
D’un « penchant naturel à trafiquer » de l’homo œconomicus
3 octobre 2002, par Christophe BORMANSPsychanalyse et Sciences Humaines
De la « vision » à la « révolution » keynésienne : l’hypothèse Freud
26 juillet 2002, par Christophe BORMANS