Christophe Bormans, psychanalyste
11, rue Fénelon - 75010 Paris
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Psychologie de la violence
« Au commencement était l’acte » (Gœthe, Faust)
8 janvier 2007, par Christophe BORMANS« Au sortir du paradis terrestre (sevrage, ablactation), Caïn, le premier né, est surpris par l’image de son frère nouveau-né, Abel, attaché à la mamelle de la mère de tous les hommes, Eve : “Elle enfanta encore son frère Abel” (4,2). Le regard de l’Éternel sur cette offrande est regard de la mère sur cet enfant auquel elle offre son sein, image qui réactive une chute, dont la Genèse témoigne du caractère par trop précipité et ravageur. Au sortir de l’Eden, Caïn est littéralement “surpris par l’intrus dans le désarroi du sevrage”, et tel l’enfant observé par saint Augustin, “il le réactive sans cesse à son spectacle”. Il régresse immédiatement et “réagit” rapidement “par la destruction imaginaire du monstre” qui n’est autre que le simple reflet inversé de son propre désir, renvoyant ainsi Abel et l’inceste consommé dans les profondeurs des entrailles d’où il sort, celles de “la terre qui a ouvert sa bouche” comme le précisent les Écritures (4,11). Caïn, désormais “errant” et “vagabond sur la terre”, est condamné - telle une fourmi sur la surface topologique -, à ne jamais pouvoir y entrer si ce n’est qu’à sa propre mort ; il inaugure par là même le prototype du fantasme et de la culpabilité obsessionnelle.
Ce que nous enseigne tout aussi bien la Genèse que la lettre lacanienne, c’est que “la jalousie humaine”, en formant son objet, “se révèle comme l’archétype des sentiments sociaux”. L’éternel “Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance” ou “le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je, telle qu’elle nous est révélée dans l’expérience psychanalytique”, signifie que la confrontation au désir incestueux (ou imago maternelle) est non seulement incontournable, mais surtout qu’elle révèle la violence inaugurale et constitutive du sujet de l’inconscient. » (C. Bormans, Genèse de la violence et violence de la Genèse).
Sciences humaines, Psychanalyse et Économie
« Je plains l’homme accablé du poids de son loisir » (Voltaire)
27 novembre 2006, par Christophe BORMANS« La notion de chômage ne fait son apparition que très tardivement dans le débat économique. En effet, il faut attendre le début du XXe siècle, pour qu’une véritable réflexion théorique s’organise autour de ce problème. La raison peut sembler cruelle, elle a cependant le mérite d’être simple : tant que la mort fait partie intégrante de la vie, la notion de chômage n’a aucune raison d’exister. En termes freudiens, l’on dirait qu’il faut attendre que les civilisations refoulent la mort, pour voir émerger la notion de chômage. Or, dans la pensée classique, rien de tel. Le raisonnement des économistes classiques ne laisse subsister aucune ambiguïté à cet égard. (...) D’ailleurs, le révérend T. R. Malthus ne mâche pas ses mots lorsque, dans la préface à la première édition de son célèbre Essai sur le principe de population, il déclare : “Un homme qui est né dans un monde déjà possédé, s’il ne peut obtenir de ses parents la subsistance qu’il peut justement lui demander, et si la société n’a pas besoin de son travail, n’a aucun droit de réclamer la plus petite portion de nourriture et, en fait, il est de trop au banquet de la nature ; il n’a pas de couvert vacant pour lui. Elle lui recommande de s’en aller et elle mettra elle-même promptement ses ordres à exécution.” » (Ch. Bormans, Échange et travail).
Sciences humaines, Psychanalyse et Économie
Auri Sacra Fames
3 octobre 2006, par Christophe BORMANS« La monnaie cristallise et, historiquement, émerge, de notre rapport à la mort, au désir et à la loi. Tant que ce rapport ne sera pas clarifié par les agents économiques, cette monnaie, cet argent plus ou moins liquide comme de la confiture, sera amassé dans un unique but, celui de se procurer une immortalité qui ne pourra être qu’illusoire et factice, et les pires conséquences en sont à craindre pour l’ensemble du système économique. C’est ce que précise l’un des plus ardents disciples et fidèles de J. M. Keynes, en rendant hommage à son article de 1937 :
“La possibilité d’un chômage massif général procède du rapport d’une institution humaine, celle de la monnaie, à la nature élémentaire de l’existence humaine, au voyage infini de l’être humain dans le vide du temps.” (G. L. S. Shackle) » (Ch. Bormans, Échange et monnaie).
Édito
Freud n’a pas inventé la poudre... Mais presque !
28 juillet 2006, par Christophe BORMANSDa Vinci Ode
Intervention du jeudi 16 février 2006
1er mai 2006, par Christophe BORMANSÉdito
Pourquoi ne déchargez-vous donc pas ?
1er mai 2006, par Christophe BORMANSDa Vinci Ode
Texte de l’intervention au séminaire interne de l’École Psychanalytique de la Salpêtrière (14 décembre 2005)
17 mars 2006, par Christophe BORMANSDa Vinci Ode
Intervention du jeudi 8 décembre 2005
21 janvier 2006, par Christophe BORMANSÉdito
Des enfants battent le « On » !
28 novembre 2005, par Christophe BORMANSMédiamorphoses n° 14
Jean-Max Méjean et Jean Ungaro (sous la dir. de) - Ina / Inathèque de France
9 novembre 2005Conférence
Intervention à la Conférence sur « Les Nouveaux Codes du Luxe » organisée le mardi 7 juin 2005 par le journal « Les Échos »
11 juin 2005, par Christophe BORMANSFoire aux questions
À propos de la psychanalyse (prix, durée, rythme, etc.)
6 juin 2005, par Christophe BORMANSSexuel inconscient et Tabou de la virginité
Craintes inconscientes de l’acte sexuel illustrées par l’origine d’un vieux dicton
14 février 2005, par Christophe BORMANSChristophe BORMANS, Guy MASSAT (sous la direction de)
Studyrama, Paris, 2005
10 février 2005, par Christophe BORMANSPsychanalyse, Anthropologie et Mythologie
Le meurtre du père revisité par Freud, Girard et Lacan
19 juillet 2004, par Christophe BORMANSInformations site
Protection du site et de ses articles : mentions légales
22 juin 2004, par Christophe BORMANSÉconomie Politique et Anthropologie
« Se coltiner la misère... C’est entrer dans le discours qui la conditionne »
25 février 2004, par Christophe BORMANSChristophe BORMANS
Studyrama, coll. « L’indispensable de la culture générale », Jeunes Éditions, Paris, 2003
24 décembre 2003, par Christophe BORMANS